Plaidoyer pour faire de la littérature un pilier de l’éducation mémorial en RDC

Kinshasa, 1 août 2026 (ACP).- Un plaidoyer visant à faire de la littérature un pilier de l’éducation mémorielle en République démocratique du Congo (RDC) a été fait, samedi, auprès des ministères de l’Education nationale et de la Culture, lors d’un point de presse à Kinshasa.

« Ce qu’il faut retenir de ce point de presse, c’est qu’il y a un groupe d’écrivains, d’hommes et femmes de lettres, des entrepreneurs sociaux, culturels, des experts de l’éducation, qui se sont mis ensemble pour pouvoir faire un plaidoyer auprès des ministères de l’Education nationale et du ministère de la Culture, d’Art et Patrimoine, à faire de la littérature comme un pilier de l’éducation mémorielle », a déclaré Elfia Elesse, présidente du Forum des éducatrices africaine (Fawe-RDC).

Dans une lettre ouverte écrite aux ministres concernés, elle a dit avoir récolté 82 signature des écrivains, poètes et experts en  politique éducative recommandant la création d’un corpus national des œuvres mémorielles congolaises destiné à faciliter l’enseignement sur les conséquences des conflits en RDC. Ceci, a justifié Mme Elesse, dans le but de favoriser la mémoire collective, renforcer la résilience et la redevabilité ainsi que favoriser la prévention.

« Nous sommes en train de donner certaines propositions qui sont concrètes parce qu’il y a déjà un corpus littéraire qui existe autour de cette question du génocide Et qu’il serait intéressant, comme cela l’a déjà été dans différents pays, de pouvoir constituer un corpus national sur les œuvres littéraires qui parlent du génocide et leur donner toute leur place au sein du système éducatif » a-t-elle ajouté.

La présidente du Fawe-RDC a, à cette occasion, lancé un appel à la population congolaise, aux écrivains et aux professeurs des universités, à soutenir cette initiative.

« Nous souhaitons que tout le monde puisse nous appuyer dans cette initiative qui a été prise, parce que comme on a déjà eu à le dire, c’est quelque chose qui concerne  notre histoire. C’est une initiative qui nous appartient à tous, une initiative qui est publique et toute personne est en fait invitée à la rejoindre » a-t-elle dit.

Présentation de quelques objectifs

De son côté, Nick Elebe, écrivain et organisateur de cette activité à travers la fondation portant son nom, a présenté quelques objectifs liés à cette initiative.

Il s’agit entre autre, de participer à une dynamique lancée par le gouvernement congolais, qui s’est illustrée par un engagement ferme autour de la justice transitionnelle et la reconnaissance du génocide congolais en l’intégrant dans le système d’éducation congolais.

M. Elebe a également annoncé que cette proposition d’intégration du Genocost dans l’éducation nationale a prévu l’élaboration de guides pédagogiques, de fiches d’exploitation des œuvres, la formation des enseignants à la pédagogie des traumatismes. D’où, la mise en place d’un groupe de travail interministériel associant les principales structures des ministères de l’Education nationale et de la Culture afin d’assurer la sélection, la mise à jour ainsi que la diffusion du corpus.

Tout en saluant cette orientation, les signataires de cette lettre ouverte ont proposé une mesure concrète destinée à accompagner cette réforme. Il s’agit de la création d’un corpus national des œuvres mémorielles congolaises, rassemblant romans, nouvelles, poésie, littérature jeunesse, témoignages, articles et autres ressources culturelles consacrées aux conflits, à la résilience, à la justice, à la paix et à la réconciliation.

« Cette permettrait non seulement de renforcer la politique nationale d’éducation mémorial, mais aussi de valoriser le patrimoine littéraire congolais, d’encourager la lecture chez les jeunes et de soutenir les écrivains congolais », a-t-il soutenu, avant de souligner qu’au-delà d’une proposition sectorielle, cette lettre ouverte invite à une réflexion plus large sur la place de l’école dans la transmission de la mémoire nationale, la consolidation de la cohésion sociale et la construction d’une paix durable.

ACP/Kun 

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