Kinshasa, 7 février 2026 (ACP).- La Monusco a salué les progrès annoncés par l’État du Qatar dans le cadre des pourparlers de Doha, entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et la coalition rwandaise, M23/AFC, a indiqué vendredi la porte-parole de la mission onusienne dans une interview accordée vendredi à la radio onusienne.
« La Monusco salue les progrès annoncés par l’État du Qatar dans le cadre de ces pourparlers de Doha entre le Gouvernement de la République démocratique du Congo et l’Alliance Fleuve Congo, Mouvement du 23 mars (AFC/M23), notamment sur des termes de référence détaillés, visant à opérationnaliser le mécanisme de suivi et de vérification du cessez-le-feu », a déclaré Ndeye Khady Lo, porte-parole de la Monusco.
« Il s’agit, en effet, d’une étape très positive visant à rendre l’architecture du cessez-le-feu plus concrète et opérationnelle. Dans le même temps, nous, Monusco, réitérons notre appel à la cessation des hostilités », a-t-elle ajouté.
Mme Ndeye Khady Lo a indiqué que conformément à la résolution du Conseil de sécurité « 2808-2025 », la Monusco est explicitement autorisée à appuyer la mise en œuvre d’un cessez-le-feu permanent, notamment par sa participation au mécanisme conjoint élargi de vérification plus et aussi par son appui à la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs.
« L’objectif est de contribuer à l’établissement d’un mécanisme crédible permettant une réduction durable de la violence et créant les conditions d’une solution politique durable conformément au mandat de protection des civils de la Monusco », a-t-elle dit.
Il y a eu plusieurs initiatives diplomatiques, a-t-elle précisé, pour arriver à une fin durable des hostilités entre les deux camps, précisant que « nous espérons qu’avec ce mécanisme et ce nouveau rôle que la Monusco va jouer, nous espérons arriver à une solution durable ».
Toute activité initiale sur le terrain devra s’inscrire dans l’architecture de cessez-le-feu déjà établie
Parlant du rôle de la Monusco sur le terrain, la porte-parole a fait savoir que comme le prévoient les termes de référence, il s’agit de suivre et de vérifier la mise en œuvre du cessez-le-feu de manière structurée et crédible.
« La Monusco a renforcé sa préparation interne afin d’appuyer cette architecture de façon progressive et adaptable strictement dans le cadre de son mandat. Toute activité initiale sur le terrain devra s’inscrire dans l’architecture de cessez-le-feu déjà établie, avec un accent sur un accès, une vérification en temps utile et un rapportage transparent », a-t-elle expliqué.
Par ailleurs, Mme Ndeye Khady Lo a rappelé que la Monusco avait quitté la province du Sud-Kivu en juin 2024 à la demande du Gouvernement congolais et dans le cadre du plan de retrait qui avait été mutuellement signé.
Elle a évoqué l’importance de maintenir une distinction claire entre l’appui mandaté de la Monusco au suivi et vérification du cessez-le-feu et toutes les tâches qui sortiraient du champ de ces autorisations actuelles.
« Donc, un déploiement durable de la Monusco au Sud-Kivu n’est pas prévu. Il s’agit d’un déploiement dans le cadre de ce mécanisme de suivi. Donc, la mission communiquera en toute transparence sur la portée et les modalités de son appui. Au fur et à mesure que les arrangements seront confirmés au sein de l’architecture de ce cessez-le-feu établi », a précisé la porte-parole.
« Donc, pour répondre directement à votre question, il ne s’agit pas d’un retour de la Monusco au Sud-Kivu, si on parle de présence de protection des civils comme c’a été le cas avant notre départ en juin 2024 », a-t-elle renchéri.
Mme Ndeye Khady Lo a révélé que les prochaines étapes vont consister à traduire les termes de référence convenus en modalité pratique de mise en œuvre au sein de l’architecture établie, y compris à travers la coordination avec les parties prenantes concernées.
« La Monusco continuera d’engager de manière constructive ses parties prenantes et continuera également de communiquer clairement sur l’appui qu’elle peut fournir, tout en rappelant que l’efficacité du suivi dépend de conditions favorables sur le terrain, notamment en accès sûr et des procédures crédibles de vérification et de rapportage », a-t-elle martelé. ACP/C.L.

