RDC-Belgique : plaidoyer pour un dialogue autour du rapatriement des dépouilles de l’époque coloniale

Kinshasa, 07 octobre 2026 (ACP).- Un dialogue franc autour du rapatriement des dépouilles, datant de l’époque coloniale, entre la République démocratique du Congo et la Belgique a fait l’objet d’un plaidoyer mené par une militante Belgo-congolaise basée à Bruxelles, lors d’un entretien téléphonique avec l’ACP.

« Le gouvernement belge accepte la demande de restitution. Il écrit qu’un dialogue doit permettre de déterminer ensemble les modalités les plus appropriées, mais ce dialogue doit être franc entre les deux gouvernements », a déclaré Laety Babin, militante et présidente d’AfriqHope Asbl.

« La nuance mérite donc d’être interrogée. La Belgique et le Kongo sont-ils désormais en train de discuter de la manière dont les dépouilles rentreront, ou doivent-ils encore déterminer si elles rentreront ? Autrement dit : le +si+ est-il derrière nous ? Sommes-nous enfin entrés dans le +comment+ ? », a-t-elle ajouté.

Selon elle, cette clarification est désormais essentielle, car si le principe du retour est acquis, les discussions peuvent entrer dans une nouvelle phase ; celle des responsabilités, du calendrier, de l’identification, de l’implication des communautés, des conditions du rapatriement et de l’accueil des dépouilles sur leur terre d’origine.

Aussi, Mme Babin a soulevé le fait que deux narratifs (gouvernements congolais-belge) doivent maintenant se rencontrer.

« La Belgique reconnaît cette dimension humaine, mais replace immédiatement la question dans un processus politique, juridique, historique et administratif. L’enjeu des prochains mois sera précisément de faire rencontrer ces deux approches. Car le Kongo a désormais formulé officiellement ce qu’il demande. La Belgique a officiellement répondu », a-t-elle poursuivi.

Établir les responsabilités

Pour Mme Babin, la correspondance du Premier ministre belge crée une responsabilité nouvelle pour les deux États à savoir, transformer les mots en processus concret.

« Il ne suffit plus de reconnaître que ces dépouilles ne sont pas des objets. Il faut désormais déterminer ce que cette reconnaissance implique », a conclu Mme Babin.

Le 5 juin 2026, la Première ministre de la RDC, Judith Suminwa, a adressé une lettre officielle à son homologue belge, Bart De Wever. Dans cette lettre,  le gouvernement congolais sollicite officiellement la restitution des dépouilles humaines d’origine congolaise conservées dans les collections scientifiques belges depuis l’époque coloniale.

En réponse, le 17 septembre 2026, Bart De Wever, Premier ministre belge, a  répondu favorablement à la demande congolaise, tout en appelant à l’établissement d’une commission des deux parties qui va échanger sur les modalités de cette démarche. ACP/Lu

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