Kinshasa, 19 août 2026 (ACP).- Les régulateurs des médias de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République du Congo ont convenu, mercredi, de renforcer leur coopération pour mieux réguler les médias et les plateformes numériques, lors de l’ouverture d’une table ronde à Kinshasa.
« Nous devons maintenant penser à réunir nos efforts pour que nos régulations parlent le même langage », a déclaré Christian Bosembe, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC).
Il a relevé que les deux pays partagent, outre une histoire et une culture communes, une « frontière numérique », soulignant que les contenus diffusés sur les plateformes numériques peuvent avoir des répercussions de part et d’autre du fleuve Congo.
« Il faudrait que nous puissions avoir, si pas une directive d’ensemble, mais au moins des mécanismes conjoints et communs pour que les plateformes numériques nous comprennent », a ajouté Christian Bosembe.
Le président du CSAC a notamment plaidé pour la mise en place de mécanismes conjoints afin de lutter contre le « désordre informationnel », les contenus nuisibles et les abus constatés sur les réseaux sociaux.
« Ce sont des réseaux sociaux, ça ne devrait pas être des réseaux antisociaux », a-t-il martelé, avant d’estimer nécessaire de renforcer la fermeté des régulateurs face aux nouvelles formes de communication numérique.
Pour sa part, Médard Milandou, président du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC), a salué l’accueil réservé à sa délégation et appelé à une coopération accrue entre les deux institutions face aux nouveaux défis liés aux réseaux sociaux et aux plateformes numériques.
« Les nouveaux moyens de communication constituent certes une formidable opportunité pour rapprocher les humains, mais ils peuvent également s’ériger en vecteur de propos haineux, de désinformation, d’invectives et parfois d’attaques dirigées contre les institutions républicaines ou les autorités étatiques », a-t-il dit.
Il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver la liberté d’expression, soulignant que la régulation ne devait pas remettre en cause ce principe essentiel des démocraties.
« Il ne s’agit certainement pas de remettre en cause la liberté d’expression, qui demeure un principe essentiel de nos démocraties », a expliqué le président du CSLC, avant d’insister à nouveau sur les liens historiques, culturels, humains et familiaux unissant les deux peuples.
« Il nous appartient donc, en tant que régulateurs, de contribuer à ce que les outils modernes de communication servent le rapprochement de nos peuples, rien d’autre », a conclu Médard Milandou.
Cette table ronde est consacrée aux défis communs de la régulation des médias et du numérique. Les échanges entre les deux régulateurs portent notamment sur la prévention et le traitement des discours de haine en ligne, la responsabilité des professionnels des médias et des acteurs des réseaux sociaux, les mécanismes de veille et d’alerte, ainsi que le renforcement de la coopération informationnelle.
ACP/ R.Nga.

