RDC : la diversification des ressources financières, levier pour soutenir la gratuité de l’enseignement

Kinshasa, 07 octobre 2026 (ACP).-  La diversification des sources de financement et l’amélioration de la gouvernance constituent des leviers essentiels pour soutenir la gratuité de l’enseignement et garantir un accès équitable à une éducation de qualité en République démocratique du Congo (RDC), selon une étude soutenue mercredi à Kinshasa.

« La diversification des sources de financement, associée à une amélioration de la gouvernance et à une mobilisation accrue des acteurs, constitue une condition essentielle pour assurer la soutenabilité de la gratuité et garantir un accès équitable à une éducation de qualité en RDC », a relevé le chef de travaux Pelé Beya, auteur de la thèse.

Dans cette étude consacrée à la contribution des ressources innovantes au financement de l’éducation de base en RDC, le chercheur a recommandé au gouvernement de mettre en place un cadre institutionnel et juridique spécifique pour la mobilisation, l’affectation et la gestion de ces ressources.

« Il est nécessaire de garantir la traçabilité, la transparence et la reddition des comptes concernant les ressources mobilisées au profit de l’éducation », a-t-il souligné, recommandant également de renforcer progressivement la part des dépenses publiques consacrée à l’éducation de base.

En outre, la thèse a préconisé de diversifier les sources de financement afin de réduire la dépendance à l’égard des ressources budgétaires classiques et de l’aide extérieure. Elle a recommandé également d’intégrer explicitement l’éducation de base dans les clés de répartition des ressources collectées et légalement affectées à l’éducation.

L’auteur de la thèse a recommandé au ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle citoyenneté, l’élaboration d’un mécanisme opérationnel permettant de mobiliser et d’intégrer les ressources innovantes dans le financement de l’éducation de base.

« La mobilisation des ressources doit être accompagnée d’un système fiable de suivi et d’évaluation permettant de mesurer leur effet sur l’accès, la scolarisation et la qualité de l’éducation », a précisé le chercheur.

Des ressources innovantes aux effets encore limités

La thèse a préconisé notamment le suivi des ressources provenant des mécanismes de quotité, des partenariats public-privé, des contributions communautaires et d’autres sources innovantes légalement autorisées, ainsi que le renforcement des capacités des gestionnaires scolaires en matière de planification et de gestion financière.

M. Beya a fait savoir que son étude a  relevé que les redevances minières et pétrolières, les quotités de rétrocession des frais académiques, les recettes issues des télécommunications et des taxes d’embarquement, les pénalités fiscales ainsi que les messageries financières peuvent constituer des sources complémentaires de financement de l’éducation de base.

« Les ressources innovantes constituent un levier pertinent de financement à long terme, mais leurs effets sont différenciés selon leur nature et moins perceptibles à court terme », a-t-il expliqué.

Toutefois, la recherche souligne que ces ressources ne permettent pas, à elles seules, de couvrir entièrement le déficit de financement généré par la gratuité de l’enseignement. Leur contribution dépend de la nature et de la quotité de chaque source.

Les résultats de l’étude montrent par ailleurs que la gratuité de l’enseignement de base a entraîné une augmentation significative des effectifs scolaires, tout en accentuant la pression sur les capacités d’accueil du système éducatif, notamment par le surpeuplement des classes, l’insuffisance des infrastructures et le déficit en personnel enseignant.

« Malgré la gratuité, les ménages continuent de jouer un rôle important dans le financement des écoles, ce qui révèle les limites du modèle actuel de financement », a constaté le chercheur.

Le récipiendaire a relevé également que les contraintes structurelles du système éducatif affectent la qualité des apprentissages et contribuent à la persistance de l’abandon scolaire, notamment en raison de la pauvreté des ménages et des conditions d’apprentissage défavorables.

Pour les gestionnaires des établissements scolaires, la thèse a recommandé d’améliorer la planification et la gestion des ressources financières et matérielles, d’assurer leur utilisation conformément aux priorités des établissements et de renforcer la transparence à travers la tenue régulière des documents comptables et la présentation des rapports financiers.

Elle préconise également d’associer les comités de parents et les autres parties prenantes au suivi de l’utilisation des ressources et d’identifier, avec l’accord des autorités compétentes, les possibilités de mobilisation de ressources locales complémentaires.

Aux chercheurs, l’étude a recommandé d’approfondir les recherches sur les mécanismes de mobilisation des ressources innovantes, d’évaluer la contribution effective de chaque source au financement de l’éducation de base et de réaliser des études comparatives entre les provinces et les différents niveaux d’enseignement.

« La combinaison de la gouvernance institutionnelle, de la mobilisation des ressources innovantes et de la participation communautaire constitue une voie nécessaire pour répondre durablement à l’accroissement des besoins éducatifs », a conclu le chercheur.

Après débat et délibération, M. Pele Beya le candidat a été proclamé docteur en sciences économiques avec mention « la plus grande distinction ». ACP/Ns

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