RDC : la population invitée à la reconnaissance du génocide congolais

Kinshasa, 9 novembre 2025 (ACP).- La population de la République démocratique du Congo (RDC) a été invitée samedi à Kinshasa, capitale du pays, à la reconnaissance du génocide congolais, lors d’une conférence-débat organisée par l’Association nationale des victimes du Congo (ANVC).

«L’association a tenu à organiser dans toutes les provinces de la République démocratique du Congo, des activités comme celle-ci, portant sur la reconnaissance du génocide national et international pour les victimes. Il était question de réveiller les consciences des Congolais et de sensibiliser toutes les couches des populations pour qu’ensemble, on s’approprie l’histoire de ce génocide », a déclaré Christelle Kanzay, porte-parole de cette association.

Pour elle, la reconnaissance du génocide, c’est honorer les mémoires de ceux qui sont tombés, car les victimes ne se sentent pas réparées, parce qu’il n’y a rien qui puisse réparer les atrocités qui ont été subies.

« En tant qu’association, nous voulons que toutes les associations des droits de l’homme se saisissent de la question et que toutes les couches des populations de la RDC se sentent concernées par ce génocide-là, que ce génocide soit inscrit dans les annales du pays afin que les générations qui viendront soient aussi révoltées » a-t-elle ajouté.

De son côté le député national Aldos Tshitoko a insisté sur l’adoption d’une loi portant reconnaissance des victimes de génocide, de crimes, des guerres et de toutes les violences commises sur le sol congolais.

« J’ai été appelé par l’Association des victimes du Congo pour participer à cet échange. Mon intervention a cadré avec l’adoption d’une loi portant reconnaissance des victimes de génocide à l’Assemblée nationale, afin que le Génocost, c’est-à-dire notre terme purement congolais, soit reconnu par rapport au génocide, aux crimes, aux guerres et toutes les violences commises sur le sol congolais par l’armée étrangère », a-t-il fait savoir.

Et d’ajouter : « au niveau de l’Assemblée nationale, nous avons fait cette recommandation afin que les organisations nationales, internationales et africaines reconnaissent ce génocide commis sur le sol congolais ou sur le peuple congolais ».

Pour cet élu, il n’y a rien qui bloque pour la reconnaissance de ce génocide commis sur la population congolaise. Il faut seulement, a-t-il indiqué, que toutes les organisations le reconnaissent ainsi que les parlementaires comme le peuple congolais.

« Nous n’avons pas dit que la reconnaissance du génocide au niveau international, c’est la fin de la guerre. C’est pour qu’il y ait une réparation un jour. Il faudrait que notre pays entre dans ses droits, qu’on punisse ceux qui ont commis ce génocide-là. Qu’il y ait les tribunaux pénaux internationaux et aussi créer un autre tribunal sur les massacres ou les génocides sur le sol congolais », a-t-il soutenu.

Cet échange a été organisé dans le cadre du lancement du projet « Voix et leadership des femmes renouvelées » mis en œuvre par ANVC, avec le soutien des Affaires mondiales Canada et le Centre Carter, pendant soixante-six mois dans six provinces de la RDC: Kinshasa, Tanganyika, Sud-Kivu, Kasaï-Central, Tshopo et Equateur.

Son objectif est d’informer et de présenter aux autorités et à toutes les parties prenantes le contenu du projet, ainsi que les différentes activités qui seront mises en œuvre dans le cadre de « Voix et leadership des femmes renouvelées » en vue de susciter leur implication durant toute la période de sa mise en œuvre. ACP/C.L.

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