Kinshasa, 9 novembre 2025 (ACP).- Trente mille deux cent soixante-sept personnes (30.267) ont été tuées par la milice de « Force de soutien rapide (FSR) », depuis le début de la guerre au Soudan, selon une note d’information de l’ambassade soudanaise en République démocratique du Congo consultée dimanche à l’ACP.
« Le Comité national d’enquête sur les crimes et les violations du droit national et international humanitaire a présenté un rapport sur les violations commises par la milice Force de soutien rapide, qui indiquait que 30.267 personnes avaient été tuées et que 43.575 autres personnes avaient été blessées, dont la plupart étaient des blessures entraînant un handicap alors qu’elles accomplissaient normalement les devoirs de la vie », a-t-on lu.
D’après cette note signée par Khaled Yahya, conseiller politique à l’Ambassade du Soudan en RDC, la milice a, en outre, commis des violations généralisées, notamment des exécutions extrajudiciaires, des déplacements forcés, des viols et des pillages de biens dans les provinces d’Al-jazeera, de Sennar, du Nord de Kordofan et de l’Ouest de Khartoum, d’ouest Darfour et du Sud-Ouest et du Nil Blanc.
Le rapport de l’Unité de lutte contre la violence à l’égard des femmes a documenté 1.866 cas commis par la milice de FSR contre les femmes, où les autorités soudanaises ont confirmé la validité des lois nationales qui garantissent les principes d’un procès équitable, compte tenu de la présence d’un système judiciaire national compétent, volontaire, qualifié, honnête et indépendant.
« La milice a également utilisé le siège des villes comme une arme pour affamer et tuer des civils, ciblant les villes d’El-Fasher, de Kadugli et de Dilling, où elles ont été empêchées d’obtenir de l’aide humanitaire et de la nourriture en interceptant les convois fournis par les organisations des Nations Unies, de sorte qu’elle l’a pillée et brûlé ce qui en restait sur la tête des martyrs », a précisé la source, avant de déplorer l’implication des parties étrangères dans le soutien à la milice avec des armes, du matériel et le recrutement de mercenaires. Ceci, a-t-on lu dans la note, a contribué à l’aggravation des violations, causant des dommages économiques estimés initialement à 771 milliards de dollars.
131.706 affaires pénales enregistrées
Selon la note d’information signé par le conseiller Khaled Yahya, les affaires pénales enregistrées commises par la milice Force du soutien rapide s’élevaient à 131.706 cas, tandis que les enquêtes étaient complètes dans 4.985 affaires transmises aux tribunaux nationaux, dont 1.988 ont été jugées jusqu’à présent.
« Les plaintes déposées auprès des autorités policières et judiciaires ne représentent pas plus de (2%) du total des violations commises par la milice contre les citoyens soudanais », a signalé la source.
Malgré la facilité d’obtenir des preuves directes des actions de la milice contre les citoyens, la source déplore le silence de la communauté internationale face à des crimes évidents observés pendant plus de deux ans de rébellion contre l’État soudanais.
« Le rôle politique joué par certaines organisations internationales et certaines organisations locales n’est pas nouveau. Bien que cela soit en contradiction avec la résolution 1996/31 qui régit leur activité, elles dépassent le cadre de leur mandat », a-t-on fustigé.
« Aucune nation dans le monde ne peut ignorer l’ampleur des dommages et des violations subis par le peuple soudanais, ses ressources et ses infrastructures de services, sans parler des violations humanitaires qui ont dépassé toute description. Le nombre des violations commises par les milices a dépassé les excès des guerres précédentes dans l’histoire de l’humanité », a conclu la source. ACP/C.L.

