RDC : l’appropriation des nouveaux textes réglementaires en sécurité nucléaire au centre d’un atelier

Kinshasa, 9 juillet 2025(ACP).- L’appropriation de nouveaux textes réglementaires en sûreté et sécurité nucléaire a été au centre d’un atelier de sensibilisation ouvert mercredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), par le président du Comité national de protection contre les rayonnements ionisants (CNPRI).

« Cet atelier stratégique de sensibilisation et d’appropriation des textes réglementaires en matière de radioprotection est une réponse concrète à la nécessité de renforcer les capacités des agents du CNPRI, en particulier ceux impliqués dans la régulation, la supervision et l’application des mesures de radioprotection sur le terrain », a déclaré le professeur Florymond Nyamoga, président du CNPRI.

Il a fait savoir qu’à travers cet atelier, les agents de son service vont fournir aux inspecteurs, responsables de la radioprotection et OPJ/nucléaire les outils, connaissances et réflexes réglementaires nécessaires visant à garantir la sécurité des personnes et la conformité des pratiques.

Selon le Pr Nyamoga, la RDC, riche de son sous-sol exceptionnel, est en pleine transformation industrielle et technologique.  « Toutefois, cette dynamique s’accompagne d’une exposition croissante aux rayonnements ionisants, qu’ils soient naturels ou artificiels, notamment dans les secteurs minier, médical et industriel et, face à cette réalité, le principe fondamental de radioprotection rappelle que  toute exposition doit être justifiée, optimisée et limitée » a-t-il dit.

Or, a-t-il poursuivi, dans le contexte de la RDC, ce principe demeure encore trop souvent un idéal théorique, ce qui doit changer.

Cependant, il a indiqué que les constats issus de leurs inspections de l’année 2023 sont caractérisés par plusieurs insuffisances subsistant dans la mise en œuvre des mesures de sûreté radiologique, malgré l’existence des cadres légaux et la désignation de responsables techniques dans les entreprises concernées.

Il a estimé impératif de redresser la trajectoire, car la radioprotection n’est pas une option, mais un devoir légal, éthique et humain.

« Je rappelle ici un autre pilier de notre discipline, le principe ALARA (As Low As Reasonably Achievable), selon lequel l’exposition aux rayonnements doit toujours être réduite au strict minimum raisonnablement possible, en tenant compte des réalités économiques et sociales », a-t-il soutenu.

Le CNPRI, bras technique de l’État  congolais en matière de sûreté radiologique

Par ailleurs, selon  le Pr Nyamoga, président du CNPRI, le CNPRI qui est le bras technique de l’État  congolais en matière de sûreté radiologique, reste fermement engagé à encadrer et à appuyer l’ensemble des acteurs du secteur, dans un esprit de transparence, de rigueur professionnelle et de partenariat institutionnel.

« Dans cette optique, nous ne saurions taire l’agression injuste et barbare dont notre pays est victime, notamment dans sa partie Est. À ce sujet, nous dénonçons fermement les trafics illicites de nos minerais stratégiques, perpétrés au mépris des normes internationales, notamment celles relatives à la transparence et à la diligence raisonnable (ITRI, OCDE, etc.). Il est temps de réfléchir sérieusement à l’application de ces normes même dans les territoires temporairement sous occupation », a-t-il renchérit.

Pour lui, cet atelier de deux jours, soit du 9 au 10 juillet, au-delà de sa portée technique, doit également être un espace d’éveil, de solidarité et de conscience nationale.

Les cadres et agents de ce service public de l’Etat ont été invité à une participation active, critique et constructive, afin que de repartir mieux outillés pour servir, protéger et réguler dans le strict respect des textes réglementaires en sûreté et sécurité nucléaire, selon le président du CNPRI. ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet