RDC : le renforcement des capacités des juges en matière de technologie électorale recommandé

Kinshasa, 17 juillet 2025 (ACP).- Le renforcement des capacités techniques des juges en matière de technologie électorale, en intégrant dans leur formation des modules spécialisés dans l’impact juridique, politique et opérationnel des innovations technologiques, a été recommandé, jeudi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, lors d’un atelier.

«  Nous recommandons le renforcement des capacités techniques des juges en matière de technologie électorale, en intégrant dans leur formation des modules spécialisés dans l’impact juridique, politique et opérationnel des innovations technologiques pour l›impartialité et la transparence dans le processus électoral en RDC », a déclaré Trésor Kibangula, directeur du pilier politique à l’Institut congolais de recherche « Ebuteli  » pour l’impartialité et la transparence dans le processus électoral. Selon Trésor Kibangula, qui intervenait à l’issue de cet atelier dénommé « technologies électorales en RDC », plusieurs raisons expliquent la réticence de l’opinion autour de l’introduction des technologies dans les scrutins. Il s’agit notamment de la perception d’un affaiblissement du pouvoir de contrôle citoyen, de la restriction de la liberté de vote des électeurs, du risque de compromission du secret de vote et d’une atteinte potentielle aux droits des électeurs.

Avec ces risques potentiels, il est «  impératif que l’introduction des nouvelles technologies soit régie par des règles claires et ne contrevienne pas aux lois existantes », a renchéri M. Kibangula. « Dans plusieurs cas, l’introduction des NTIC fait souvent face à deux problèmes juridiques majeurs : d›une part, une législation incomplète ou obsolète, et d’autre part, l’absence de standards nationaux cohérents et applicables. Face aux standards internationaux et bonnes pratiques en matière électorale, les commissions électorales disposent souvent d›une marge de manœuvre  », a-t-il fait savoir.

Pour ce chercheur, en effet, dans de nombreux pays où les NTIC ont été intégrées, soit de nouvelles réglementations ont été adoptées, soit les textes existants ont été adaptés pour intégrer ces innovations. Et de noter qu’en RDC, un encadrement juridique plus rigoureux s’impose pour éviter que les considérations pratiques ou budgétaires ne relèguent au second plan les principes fondamentaux de transparence, de sincérité et de respect des droits des électeurs. Trésor Kibangula a également fait savoir qu’à ce titre, au-delà du contrôle administratif ou technique, le juge doit jouer pleinement son rôle de garant des libertés fondamentales, en assurant un contrôle effectif de la régularité et de la conformité de l’usage des technologies. Cela suppose, selon lui, un renforcement des capacités des juges à comprendre les implications techniques et juridiques des innovations électorales. Le magistrat doit, selon lui, avoir la possibilité de recourir aux avis éclairés des experts avérés, indépendants et assermentés.

Cette activité de deux jours, soit du 17 au 18 juillet, s’inscrit dans le cadre du projet « s’approprier les technologies pour imposer la transparence aux organes chargés des élections en RDC ».Son objectif est de recueillir, dans une démarche participative et constructive, les avis et suggestions des participants en vue d’enrichir et d’améliorer les études produites et d’identifier des pistes d’action concrètes pour les prochaines étapes du projet, notamment en matière de diffusion et d’implémentation institutionnelle des recommandations, dans la perspective des réformes électorales à venir. ACP/

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