RDC : les causes de la fragilisation de l’État analysées dans une thèse doctorale

Kinshasa, 28 mai 2026 (ACP).- Les dynamiques de fragilisation de l’État en République démocratique du Congo et le rôle de la classe politique dans ce processus, ont été analysés mercredi, lors de la soutenance d’une thèse doctorale à l’Université pédagogique nationale (UPN), à Kinshasa.

« La présente recherche s’est donnée pour objectif d’analyser les dynamiques de fragilisation de l’État en République démocratique du Congo, en mettant un accent particulier sur le rôle de la classe politique dans ce processus. A partir d’une approche articulant cadres théoriques, analyse empirique et réflexion critique, il ressort que la situation actuelle de l’Etat congolais s’inscrit dans une trajectoire historique complexe, marquée par l’interaction de facteurs internes et externes », a déclaré le chef de travaux Jean Sikatenda, auteur de la thèse.

Intitulée : « Rôle de la classe politique dans la dynamique de la fragilisation de l’État en RDC : Analyse des mécanismes internes et des influences externes de 1960 à nos jours », l’étude a révélé que la situation actuelle de l’État congolais s’inscrit dans une trajectoire historique complexe, marquée par l’interaction de facteurs internes et externes.

Le récipiendaire a indiqué que la dégradation des conditions politiques, économiques et sociales traduit une fragilisation progressive des institutions et des mécanismes de gouvernance.

« La classe politique, identifiée comme l’acteur principal de la gestion publique, apparaît comme un facteur déterminant : appelée à produire des solutions aux problèmes collectifs, certaines de ses pratiques contribuent à la reproduction des difficultés structurelles », a-t-il fait savoir.

La thèse a mis en évidence des insuffisances en matière de vision stratégique, de cohérence de l’action publique et de priorisation de l’intérêt général.

« Il en résulte une gestion perfectible des ressources publiques, une faible continuité des politiques publiques et des difficultés à instaurer des mécanismes efficaces de redevabilité. Ces éléments alimentent, chez une partie de la population, un sentiment de désillusion face à la persistance des inégalités, de la pauvreté et du chômage », a soutenu le chef de travaux.

Proposition d’un modèle de gouvernance « tradi-moderne »

Au-delà du diagnostic, l’étude a préconisé de repenser les fondements de l’action politique. Elle a proposé l’hypothèse d’un modèle de gouvernance « tradi-moderne », visant à articuler les valeurs positives des traditions africaines solidarité, esprit communautaire, avec les exigences contemporaines de modernité politique : efficacité, transparence, responsabilité.

M. Sikatenda a martelé également sur le rôle central du leadership et sur la nécessité d’investir dans la formation politique au sein des partis, de la société civile et des institutions publiques.

« La transformation de l’État est présentée comme un processus progressif de refondation, nécessitant des réformes profondes, une volonté politique affirmée et une mobilisation collective des ressources nationales », a-t-il conclu.

Après débat et délibération, Jean Sikatenda a été proclamé docteur en Sciences politiques et administratives avec mention « la plus grande distinction ».
ACP/

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