Kinshasa, 9 juillet 2025(ACP).- La lettre ouverte adressée à la ministre d’Etat des Affaires étrangères de la République démocratique du Congo sur l’accord de paix de Washington, par un acteur politique, a été qualifiée de réquisitoire partial, selon un communiqué consulté mardi par l’ACP.
« La lettre ouverte, une missive adressée à la ministre d’Etat des Affaires étrangères de la RDC, par Thomas Luhaka Losendjola, proche de l’ancien Président Joseph Kabila, se lance dans une prétendue analyse de l’accord de paix de Washington signé le 27 juin 2025. Présentée comme une analyse critique, cette lettre ouverte se mue rapidement en un réquisitoire partial, où l’objectivité cède les pas à une posture unilatérale », a-t-on lu dans le communiqué signé par Eugène Diomi, président du parti Démocratie chrétienne (DC).
Selon cet acteur politique, loin d’éclairer les enjeux complexes de la paix dans l’est du pays, cette lettre trahit un biais manifeste, occultant des acteurs clés comme le M23, le Rwanda et Joseph Kabila, tout en s’attaquant au Gouvernement congolais avec une rhétorique accusatoire, qui cache mal ses positions politiques personnelles.
«Le silence assourdissant sur le M23 et le Rwanda dès les premières lignes est un constat qui saute aux yeux, Thomas Luhaka esquive toute critique sérieuse du M23 et du Rwanda, pourtant au cœur de la tourmente dans l’est de la RDC. Ce groupe armé dont le soutien rwandais est étayé par des preuves solides, notamment le rapport S/2024/432 du Groupe d’experts de l’ONU et le plus récent de 2025 en cours de publication est relégué à une mention furtive, dépourvue de condamnation », a précisé la source.
« Les violences, les occupations territoriales et les exactions contre les civils dans le Nord et le Sud-Kivu, largement imputées à ce mouvement, sont passées sous silence. Quant au Rwanda, son rôle déstabilisateur, dénoncé par la résolution 2773 du Conseil de sécurité, bénéficie d’une indulgence troublante. Luhaka ne s’interroge ni sur les incursions militaires rwandaises ni sur leur justification officielle, la menace des FDLR. Ce mutisme et amnésie sélective ne sont pas anodins, il suggère une volonté de ménager certains protagonistes dont son propre chef, sapant toute prétention à une analyse équilibrée », a ajouté Eugène Diomi.
Un autre oubli frappant, a rappelé le président du parti « DC », concerne l’ancien Président Joseph Kabila dont l’ombre plane sur les dynamiques politiques et militaires congolaises, avec des soupçons persistants relayés, notamment par le dernier rapport des Experts de l’ONU sur la RDC, des liens avec des réseaux de déstabilisation dans l’est, pourtant Luhaka « n’en dit mot ».
Pour lui, en éludant de citer son « mentor », l’acteur politique a privé son propos d’une profondeur historique et contextuelle essentielle, préférant focaliser ses attaques sur le Gouvernement actuel et l’Accord de Washington.
« Cette omission renforce l’impression d’un parti pris, qui sacrifie la complexité du conflit sur l’autel d’une critique ciblée et partisane. Sa critique n’épargne pas l’Accord de Washington, qu’il qualifie de + bradage + de la résolution 2773. Mais son analyse, tranchante en apparence, manque cruellement de nuance », a dénoncé M. Diomi.
Par ailleurs, il a souhaité que le retrait des troupes rwandaises soit conditionné à la neutralisation des FDLR, y voyant un recul diplomatique. « Ce faisant, il semble ignorer une réalité fondamentale : la diplomatie internationale, surtout dans un conflit régional aussi enchevêtré, repose sur des compromis », a-t-il conclu. ACP/UKB

