Kinshasa, 19 juillet 2026 (ACP).- Un dialogue national fondé sur la sincérité et l’intérêt supérieur de la République démocratique du Congo (RDC), « sans agendas cachés » servant les intérêts des ennemis du pays, a été préconisé par un ancien maire de la ville de Beni au Nord-Kivu, dans l’est du pays, lors d’un échange samedi avec l’ACP.
« Nous pensons que ceux qui viendront au dialogue n’auront pas d’agendas cachés, avec des attitudes de traîtres, parce que, la plupart du temps, les gens viennent au dialogue alors qu’ils sont en train de jouer les cartes des ennemis. Nous devons mettre fin à cela, au fait que beaucoup de Congolais sont utilisés contre leur pays », a déclaré Achille Kapanga, ancien maire de Béni.
« Après avoir découvert que l’ennemi est là, nous sommes Congolais, voyons comment nous mettre ensemble pour lutter contre cet ennemi. C’est ça la bonne stratégie. Il fallait attendre le moment opportun pour que nous puissions nous parler, après avoir découvert les velléités et les profondeurs de chaque chose », a-t-il ajouté, expliquant qu’un dialogue engagé dès les premières offensives du M23 n’aurait pas permis d’appréhender l’ensemble des enjeux.
« Moi, je pense qu’il fallait comprendre que chaque chose a son temps. Si on allait dialoguer juste après la prise de Bunagana, on n’allait même pas découvrir les profondeurs de Paul Kagame. Il fallait tout découvrir, et maintenant tout le monde a compris, tout le monde a découvert qui est Kagame, qui est qui, on a tout découvert », a fait comprendre l’ancien maire de Beni.
M. Kapanga a également insisté sur le fait que le dialogue ne devrait pas servir de cadre à un partage des responsabilités politiques.
« Il ne faut pas croire que ce sont des dialogues dans ce système-là où les gens viennent juste pour se retrouver. Chacun veut occuper un poste et laisser le peuple dans la misère », a-t-il martelé.
Il a, par ailleurs, estimé que les personnes impliquées dans des crimes graves ne devraient pas être associées à ce processus. « Il ne faut pas mélanger les choux et les carottes. Les gens qui ont le sang des Congolais sur les mains, ceux qui sont repris dans les rapports des experts des Nations Unies, ainsi qu’au niveau de la Cour pénale internationale, ceux qui figurent sur les listes de sanctions, nous ne pouvons pas nous mettre ensemble avec eux. Ils doivent subir leur sort. C’est l’occasion pour les dirigeants et les politiciens congolais de comprendre que le peuple congolais en a marre », a-t-il conclu.
Cette réaction de l’ancien maire de la ville de Beni, dans la province du Nord-Kivu, intervient après la rencontre entre le Président de la République, Félix Tshisekedi, et les chefs des confessions religieuses, laquelle s’est soldée par l’option d’un dialogue inclusif entre les filles et les fils du pays, avait annoncé par le cardinal Fridolin Ambongo. ACP/G.E

