RDC : une étude recommande le principe de précaution contre les pollutions électromagnétiques

Kinshasa, 19 juillet 2026 (ACP).- L’application du principe de précaution pour limiter l’exposition des populations aux pollutions électromagnétiques, en République démocratique du Congo, avec une attention particulière aux enfants, femmes enceintes et personnes âgées, a été recommandée samedi, lors d’une soutenance de thèse doctorale à l’Université pédagogique nationale, à Kinshasa publique.

« Cette étude se refuse d’exposer les petits enfants et les femmes enceintes à une pollution électromagnétique ambiante, même si les valeurs mesurées n’impliquent pas un risque formellement établi. La décision sage renvoie à l’application du principe de précaution basé sur un évitement prudent des nuisances », a déclaré le chef de travaux Jacques Walikongo, auteur de la thèse.

Le chercheur a indiqué que la mesure des niveaux de pollution électromagnétique constitue la première étape de la protection des populations, avant de plaider pour une information indépendante et objective afin de réduire l’exposition à un niveau aussi bas que raisonnablement possible.

« La connaissance des pollutions électromagnétiques ambiantes, par la mesure directe ou indirecte de l’environnement, est la première démarche que doivent entreprendre ceux dont le rôle est de protéger la qualité de vie. Une information indépendante et objective conduit ensuite à la réduction des pollutions électromagnétiques à un niveau aussi bas que raisonnablement possible », a-t-il fait savoir.

Évoquant les références scientifiques internationales, le récipiendaire a rappelé que les champs électromagnétiques, tels que ceux générés par les lignes électriques, sont considérés comme un possible agent cancérigène pour l’homme, en s’appuyant sur la position adoptée en 1998 par le National Institute of Environmental Health Sciences (NIEHS).

Selon les résultats d’une enquête menée dans le quartier Pigeon, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa, 73,3% des personnes interrogées ont identifié les émetteurs et antennes de téléphonie mobile comme les principales sources de radiofréquences.

Par ailleurs, 78,1% des répondants estiment que les lignes électriques aériennes installées hors normes figurent parmi les principales causes des surcharges électromagnétiques.

« 63,6 % des sujets enquêtés considèrent que les risques d’exposition aux champs magnétiques provoquent notamment la fatigue, l’asthénie physique, les nausées, le manque d’appétit, les réveils multiples, l’insomnie, les douleurs osseuses et une émotivité excessive », a précisé le doctorant.

L’étude a révélé également que 89% des personnes interrogées associent les surcharges et pollutions électromagnétiques à des malaises tels que les pertes de mémoire, les céphalées, les dorsalgies, les arthralgies, les lipothymies et les troubles du sommeil.

Par ailleurs, 65% des enquêtés ont préconisé l’aménagement d’un quartier Pigeon « sain, écologique et dépourvu de surcharges et pollutions », afin d’améliorer durablement le cadre de vie.

Le pouvoir public appelé à intégrer ces résultats dans les politiques d’aménagement urbain

Pour joindre l’utile à l’agréable, le chercheur a appelé le pouvoir public à intégrer ces résultats dans les politiques d’aménagement urbain et de santé environnementale.

« Tout citoyen, quel que soit son rang social, doit chercher à devenir un véritable protecteur du cadre de vie, afin de mieux protéger les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées face aux risques liés aux pollutions électromagnétiques», a-t-il conclu.

Intitulé « Surcharges et pollutions électromagnétiques de l’environnement urbain du quartier Pigeon de la commune de Ngaliema dans la ville province de Kinshasa, en République démocratique du Congo », cette thèse a valu au candidat le titre de docteur en sciences et technologies, avec mention « grande distinction ». ACP/N/K

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