Kinshasa, 2 mars 2026 (ACP).- L’élaboration d’une constitution tenant compte du contexte sociologique de la République démocratique du Congo (RDC) a été préconisée, lundi, dans le cadre d’une recherche de Diplôme d’études approfondies (DEA) défendue à l’Université pédagogique nationale, à Kinshasa, pour contribuer à la consolidation de l’alternance au pouvoir dans le pays.
« Il faudrait que les textes juridiques, notamment la Constitution, soient élaborés en tenant compte du contexte historique et sociologique de l’État congolais. C’est dans cette perspective que l’alternance devrait résulter du consentement étatique au niveau interne, afin d’apporter un souffle nouveau à la gouvernance, de répondre aux vrais besoins sociaux et d’instaurer un cadre normatif où l’alternance ne serait plus une denrée en voie de disparition, mais en constante évolution », a expliqué Jimmy Lumbu, auteur de la recherche.
Dans cette recherche intitulée : « La RDC à l’épreuve de l’alternance démocratique et pacifique : études sur les interférences des puissances étrangères », M. Lumbu a fixé certaines limites à l’influence de la communauté internationale pour que l’alternance en RDC, voire en Afrique, reste un processus souverain et non une validation extérieure.
« L’alternance fait partie des éléments qui démontrent réellement la souveraineté d’un État. Dans cette visée, il est important de préciser qu’au nom de la souveraineté, aucune influence ou interférence ne doit être tolérée s’agissant du mécanisme institutionnel mis en place pour le choix des animateurs d’un État », a-t-il soutenu.
Selon lui, la communauté dite internationale ne peut avoir qu’un rôle d’accompagnateur, dans le cadre des relations diplomatiques entre États.
« Notons que les interférences ou ingérences, d’où qu’elles viennent et sur qui qu’elles soient exercées, réduisent sensiblement l’indépendance de l’État et remettent en cause sa souveraineté », a prévenu le chercheur.
La RDC appelée à « jouer une partition notable » dans le concert des nations
Également membre du cabinet au ministère de la Défense de la RDC, le chercheur Lumbu a fait remarquer, dans le cadre de son travail, que la plus grande réforme consiste à construire une identité de puissance pour le pays, « sans laquelle il lui sera impossible de jouer pleinement sa partition dans le concert des nations ».
« Outre cela, il est impératif pour la nation de prendre en main sa destinée vocationnelle, tant dans la sous-région qu’à travers le monde, afin d’impulser une autonomie politique à l’échelle planétaire », a-t-il conclu.
Ce chercheur, associé à l’Institut de recherches en géopolitique et d’études stratégiques (IRGES), est actuellement assistant et doctorant en relations internationales. ACP/

