Kinshasa, 3 janvier 2026 (ACP).- Le ministre de la Communication et médias, a été instruit par le Président de la République, de créer sans délai, un mécanisme formel de concertation préalable, avant toute initiative de communication officielle en République démocratique du Congo (RDC), d’après le compte rendu du 73ème Conseil des ministres.
« (…) Le président de la République a rappelé ses instructions à l’endroit du ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du Gouvernement, de mettre en place sans délai un mécanisme formel de concertation préalable« , a déclaré Patrick Muyaya, ministre de tutelle et porte-parole du Gouvernement, précisant qu’il s’agit d’une mesure préventive prise pour éviter la programmation des propos discriminatoires en communication publique.
Ce cadre de concertation va chaque fois réunir les acteurs impliqués dans l’annonce des messages officiels de l’État congolais, en vue d’éviter des dérapages.
« Celui-ci associera son Conseiller spécial en matière de communication, les services de communication de la primature, de l’état-major général de Forces armées ainsi que ceux de la police nationale congolaise pour toute sortie médiatique diffusée sur la chaîne nationale ou tout autre média, dès lors qu’elle porte sur des questions délicates engageant directement l’État ».
Le Président de la République a tenu à rappeler avec gravité que la parole publique engage l’État dans ce qu’il a de plus essentiel, sa crédibilité, son autorité morale, sa capacité à rassembler la nation et à préserver durablement la cohésion nationale.
A ce titre, toute expression émanant d’un responsable public doit être empreinte de retenue des responsabilités et d’un sens aigu de l’intérêt supérieur de la République.
Le Président a qualifié de graves et opposés à la cohésion nationale et sociale, les récents propos stigmatisant du porte-parole de l’armée nationale, aux femmes de la Communauté Tutsi.
« Le Président de la République a déploré vivement cette dérive de langage qui ne reflète ni les valeurs républicaines, ni l’éthique de responsabilité, ni la hauteur de vue attendue de toute prise de parole officielle, a fortiori lorsqu’elle émane d’un membre d’une institution aussi sensible et stratégique que l’armée nationale. Des tels propos sont de nature à fragiliser la cohésion nationale, la cohésion sociale, à alimenter des tensions inutiles et à porter atteinte à l’image et à la crédibilité de l’État, tant sur le plan interne qu’externe« , a fait savoir Patrick Muyaya, ministre de la Communication et médias.
Il a dit approuver par ailleurs les mesures prises en son endroit, tout en rappelant avec insistance que la parole de l’État ne saurait être improvisée, émotionnelle ou approximative.
« Elle doit, en toutes circonstances, être portée avec retenue, responsabilité et clarté d’objectif, en particulier lorsqu’elle concerne des questions complexes, délicates ou susceptibles d’avoir des répercussions sécuritaires, sociales, politiques ou diplomatiques« , a martelé Félix Tshisekedi, cité par Patrick Muyaya.
A ce titre, le Président Tshisekedi, en a appelé à l’ensemble des membres du Gouvernement, aux responsables civils et militaires, ainsi qu’à tous les acteurs de la communication publique, à éviter toute sortie médiatique incontrôlée, notamment sur les sujets sensibles touchant à la défense nationale, à la sécurité, à la cohésion sociale et aux relations institutionnelles.
« La parole publique doit demeurer un instrument de rassemblement, de stabilité et de confiance, et non une source des divisions et des confusions« , a-t-il insisté.
Il a encouragé par ailleurs chaque responsable appelé à s’exprimer publiquement au nom de l’État, à s’y documenter rigoureusement, à maîtriser pleinement les enjeux de dossiers abordés et à mesurer avec discernement la portée de ses propos afin de préserver l’unité nationale, la dignité des institutions et la confiance légitime des citoyens dans l’action publique, afin d’éviter la répétition de tels manquements, étirant les enseignements de l’incident susmentionné.
ACP/C.L.

