Ebola à Beni : la sécurisation des structures sanitaires sollicitée après l’attaque d’une morgue

Beni, 25 août 2026 (ACP). – La sécurisation des structures sanitaires a été sollicitée mardi auprès de l’ACP par un médecin, après l’attaque de la morgue d’une clinique privée par des jeunes à Beni, dans la province du Nord-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo(RDC).

« Nous avons été déçus. Ils sont venus avec brutalité. Ils ont cassé les portes, les vitres et, comme il n’y avait que deux personnes à la morgue, elles ont été intimidées et frappées. Nous réitérons notre vœu que les autorités nous viennent en aide et que les mesures planifiées soient exécutées. Il ne faut pas laisser la jeunesse faire ce qu’elle veut. L’État doit restaurer son autorité sur le terrain (…) ces jeunes ont finalement emporté le corps en violation des normes de la riposte », a déclaré le Dr Katembo Ngalika, médecin directeur du Centre médical Ruwenzori.

Selon ce responsable médical, il s’agit de la troisième attaque enregistrée contre la morgue de cette structure depuis le début de l’épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE) dans la région.

Le Dr Ngalika a déploré, par ailleurs, l’absence, jusqu’à présent, d’un dispositif sécuritaire particulier autour de la clinique et de sa morgue, malgré les alertes lancées aux autorités tant urbaines que provinciales.

Une résistance liée au traumatisme

Abordé au sujet des attaques devenues récurrentes contre les équipes de riposte et les structures sanitaires dans la région, le vice-président du conseil urbain de la jeunesse de Beni, Paulin Livimba Joe, a exprimé sa « profonde consternation » face à cet incident.

Il estime que la réaction d’une partie de la jeunesse doit également être analysée à la lumière du contexte sécuritaire et psychologique de la ville.

« Il me semble essentiel d’analyser cette résistance populaire sous un angle traumatique et psychologique afin d’élaborer des solutions adaptées », a-t-il estimé.

Le vice-président du conseil urbain de la jeunesse de Beni a rappelé que la ville avait déjà traversé une situation similaire lors d’une précédente crise sanitaire, période durant laquelle la population avait, selon lui, fait preuve de responsabilité pour contribuer à maîtriser la propagation de la maladie.

Pour cet acteur de la jeunesse, les massacres récemment enregistrés à Beni ont profondément affecté la population et peuvent expliquer certaines résistances observées actuellement face à la riposte contre Ebola.

ACP/J K/kms

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