Beni, 11 septembre 2026 (ACP).- Le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU et coordonnateur humanitaire résident en République démocratique du Congo(RDC), Damien Mama, a appelé à renforcer la riposte contre Ebola au Nord-Kivu, tout en insistant sur l’implication des communautés intégrant des réponses sanitaire, humanitaire et socio-économique, lors d’un point de presse à Beni.
« On ne peut pas parler de l’humanitaire aujourd’hui sans évoquer l’épidémie à virus Ebola. Le succès de la lutte contre l’épidémie à virus Ebola dépend fondamentalement de l’engagement des communautés. J’ai vu qu’ils ont une approche très humaine qui permet non seulement d’accueillir mais de soigner les patients dans la dignité », a-t-il déclaré, faisant état d’une situation « inquiétante », caractérisée par une hausse de la courbe épidémiologique.
Le représentant spécial adjoint du secrétaire général de l’ONU en RDC a appelé à « tout faire pour éviter que l’épicentre se déplace de l’Ituri vers le Nord-Kivu ».
Après une visite au centre de traitement Ebola de Beni, construit et géré par Médecins Sans Frontières (MSF), le responsable onusien s’est dit « très impressionné » par les conditions de prise en charge des malades. Il a également salué l’approche communautaire développée dans ce centre, estimant que l’adhésion des populations constitue un facteur déterminant dans la lutte contre la maladie.
Seize zones de santé affectées
Malgré les résultats encourageants observés à Beni, Damien Mama a estimé que les capacités de prise en charge doivent être renforcées.
« Ce que j’ai vu hier avec le centre de traitement de MSF est encourageant, mais il en faut beaucoup plus », a-t-il insisté, avant de relever que « 16 zones de santé sont affectées au niveau du Nord-Kivu », d’où, il a plaidé pour que chacune dispose de son propre centre de traitement Ebola.
« Il est donc important de redoubler d’efforts, d’accroître les investissements et de faire en sorte qu’on puisse mettre fin à cette épidémie et à la chaîne de transmission le plus rapidement possible », a-t-il recommandé.
Une réponse humanitaire intégrée
Pour Damien Mama, la riposte sanitaire ne peut être dissociée des autres difficultés auxquelles font face les populations touchées.
« Il faut un paquet intégré, une approche holistique. Une personne qui a faim n’est pas en mesure de respecter les règles de santé publique », a-t-il affirmé, tout en appelant à associer à la réponse sanitaire les interventions en matière d’insécurité alimentaire et d’assistance aux moyens de subsistance.
Le coordonnateur humanitaire résident en RDC a également évoqué le cas des parents qui restent plusieurs semaines auprès de leurs enfants hospitalisés et peuvent, de ce fait, perdre leurs moyens d’existence.
« Il est donc important que la réponse sanitaire aille de paire avec la réponse humanitaire, et aussi, le moment venu, le plus rapidement possible, la réponse socio-économique », a-t-il préconisé. Pour lui, cette dernière étape doit permettre aux populations affectées de « reconstruire leurs moyens d’existence ».
Les médias appelés à sensibiliser les communautés
Damien Mama a, par ailleurs, appelé les médias à intensifier la sensibilisation sur la maladie et sur les comportements favorisant la transmission.
« Ebola est une maladie réelle. Ça tue, et ça tue de façon rapide », a-t-il rappelé, évoquant un taux de létalité au Nord-Kivu supérieur à 65 %, qu’il situe autour de 68 %.
« Cela veut dire qu’en fait, sur 100 personnes infectées, 68 pourraient en mourir », a-t-il expliqué, tout en insistant sur la nécessité d’associer davantage les communautés à la riposte et de renforcer la diffusion des messages de prévention.
« Nous ne pouvons pas mettre fin à cette épidémie si les communautés ne sont pas associées, si le bon message n’est pas passé », a-t-il conclu.
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