Équateur : les faiblesses de la Constitution actuelle mises en évidence à Mbandaka ( Professeur ordinaire, Leddy Bokako)

Mbandaka, 10 mars 2026 (ACP). – Les faiblesses de la Constitution en vigueur ont été mises en évidence, Lundi, par un Professeur ordinaire de l’ISP/Mbandaka, province de l’Equateur dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, lors d’un entretien accordé à l’ ACP

« Face à un enjeu majeur lié d’actualité, nous nous sommes d’apporter notre contribution, non en tant que spécialiste en matière de Constitution, mais comme tout patriotes épris soucieux de la paix. Concernant le changement de la Constitution, plusieurs faits nous interpellent : l’impact des assemblées provinciales et des conseils communaux, les conséquences de l’élection des gouverneurs par les députés provinciaux, la limitation du mandat du Président de la République face à l’absence de limitation pour les députés, ainsi que le démembrement anarchique des provinces sans critères d’autonomie. Ces éléments illustrent les faiblesses d’un texte en vigueur depuis 2006 », a déclaré le Professeur Bokako.

Il a rappelé que cette Constitution est née d’un contexte de belligérance entre l’AFDL, le RCD et le MLC, où chaque partie cherchait à défendre ses propres intérêts. Selon lui, la nécessité d’un changement repose sur deux facteurs : l’inefficacité des institutions et l’incompétence de certains animateurs, qualifiée de « fléau » pour la cohésion nationale.

Poursuivant son analyse, il a expliqué : « La RDC, en tant que jeune État, procède encore par essais et erreurs. Même les démocraties anciennes comme la France ou les États-Unis ont adapté leurs textes aux réalités du moment. L’obsolescence de notre texte de base, vingt ans après son adoption, freine le développement. La Constitution est une œuvre humaine sujette à perfectionnement. »

Toutefois, face au contexte de guerre d’agression et aux articles dits « verrouillés », le Professeur suggère une voie de sortie : « La seule possibilité d’aboutir à un changement demeure le dialogue national inclusif, permettant d’organiser un référendum. Maintenir la Constitution de 2006 reviendrait à encourager la paupérisation du peuple. »

En conclusion, il invite le Chef de l’État à user de ses prérogatives, soit en réunissant les deux chambres en congrès, soit en convoquant un dialogue national. « La RDC ne peut être esclave d’un texte de loi sans effet social positif. Son changement est une nécessité pour permettre au pays de décoller », a-t-il martelé.

ACP/C.L.

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