Bunia, 30 Juillet 2025(ACP).- Une approche holistique combinant actions sécuritaires, gouvernance, justice et développement pour une paix durable en Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo a été formulée mercredi par un député national fraîchement diplômé du Collège des Hautes Études de Sécurité et de Défense (CHESD), lors d’un entretien avec l’ACP.
« La paix et la sécurité durables en Ituri, malgré la coopération militaire entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et Uganda People’s Defence (UPDF), exigent une approche holistique combinant actions sécuritaires, gouvernance, justice et développement», a fait savoir le député national Paul Babangu Wababu, à l’issue de la cérémonie officielle de remise de diplômes aux étudiants de la 8ème session spéciale et 10ème session ordinaire du CHESD à Kinshasa par le Vice-premier ministre, ministre de la Défense nationale, Guy Kabombo.
Les « thérapies concrètes » immédiates, a-t-il martelé : « incluent le renforcement de la protection civile par des mécanismes d’alerte et un déploiement stratégique, ainsi que la réduction de l’impunité pour toutes les exactions. »
Pour ce réélu du territoire d’Irumu, dans la perspective d’asseoir une paix durable tant attendue par les filles et fils de l’Ituri : « un programme de Désarmement, Démobilisation, Réintégration (DDR) crédible et inclusif est vital, offrant des voies de sortie claires et des programmes de réintégration socio-économique pour les combattants, tout en impliquant les communautés.»
L’appui à la justice et l’état de droit pour restaurer la confiance
Par ailleurs, dans son étude prospective et approfondie sur la situation sécuritaire dans cette province déchirée par de conflits cycliques, Paul Babangu Wababu a mis l’accent sur l’appui à la justice et l’état de droit pour la restauration de la confiance entre les différentes communautés pour prévenir les conflits.
« L’appui à la justice et à l’état de droit est fondamental pour restaurer la confiance, en renforçant le système judiciaire local pour traiter équitablement les conflits et en assurant la redevabilité des crimes. La réconciliation et la cohésion communautaire sont essentielles, nécessitant des dialogues intercommunautaires pour résoudre les tensions foncières et identitaires, et le soutien aux initiatives de paix locales », a-t-il soutenu.
Dans sa dissertation, le député national et président du conseil d’administration de la Caisse nationale de sécurité sociale(CNSS), Paul Babangu Wababu, a estimé nécessaire la relance économique et l’accès aux services de base par des projets de développement rapides dans les zones pacifiées pour, a-t-il signifié, offrir des alternatives à la violence et restaurer l’autorité de l’État.
Le rôle des acteurs clés
En outre, Paul Babangu Wababu a épinglé le rôle des acteurs clés notamment le gouvernement congolais qui doit, a-t-il lâché, renforcer son leadership politique pour la mise en œuvre effective de la politique sécuritaire globale prônée par le Président de la République, Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui repose sur la diplomatie et l’opération militaire.
Quant au ministère de la Défense nationale, a-t-il poursuivi : « il a le rôle de superviser l’opérationnalisation de la mutualisation, renforcer les FARDC et gérer la coopération avec l’UPDF de manière transparente, ajoutant que le gouverneur militaire de l’Ituri est appelé à assurer le commandement sur le terrain, la protection des civils, la restauration de l’autorité de l’État et l’organisation du dialogue avec les communautés. »
« Les communautés ituriennes doivent participer activement à la paix et à la réconciliation, collaborer avec les forces de sécurité et promouvoir la coexistence pacifique. Quant aux groupes armés, ils doivent déposer les armes, s’engager dans le DDR, respecter les droits humains et s’ouvrir au dialogue. La convergence de ces efforts est impérative pour une paix durable en Ituri », a-t-il conclu.
ACP/UKB

