Kongo Central : l’équilibre entre liberté de presse et responsabilité juridique expliqué à Matadi

Matadi, 26 février 2026 (ACP).– L’équilibre entre la liberté de la presse et la responsabilité juridique des professionnels des médias au Kongo Central (Sud-ouest de la République démocratique du Congo), repose sur des garanties constitutionnelles et légales, a expliqué un juriste lors d’un entretien avec l’ACP.

« La liberté de la presse est garantie par la Constitution du 18 février 2006 telle que modifiée et complétée à ce jour, qui consacre la liberté d’expression et interdit la censure préalable sauf dans les cas prévus par la loi. Elle protège également le droit à l’information du public », a déclaré Medi Vince Nsimba, avocat inscrit au tableau de l’ordre de barreau du Kongo Central.

« Ce cadre est renforcé par des textes spécifiques, notamment la loi sur la presse, le Code du numérique relatif aux infractions commises en ligne ainsi que les dispositions du Code pénal sanctionnant les infractions telles que la diffamation et les injures publiques », a-t-il ajouté.

Selon l’avocat Nsimba, la régulation du secteur médiatique est également assurée par le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (Csac), organe d’appui à la démocratie chargé de veiller au respect de l’éthique professionnelle, d’encadrer les médias et de sanctionner les manquements constatés.

Abordant la conciliation entre liberté d’informer et protection de l’honneur ou de l’ordre public, il a indiqué que le droit congolais applique un principe d’équilibre permettant aux journalistes d’enquêter, de traiter des faits d’intérêt public et de critiquer l’action publique, tout en fixant des limites légales lorsque l’information porte atteinte à la réputation d’autrui, à la vie privée, à la sûreté de l’État ou à l’ordre public.

« Lorsque le journaliste est traduit en justice, le tribunal apprécie notamment la véracité des faits, la bonne foi du professionnel, l’intérêt public de l’information diffusée ainsi que l’absence d’intention malveillante », a-t-il précisé.

Il a ajouté que ces critères permettent d’éviter que la justice ne devienne un instrument de restriction abusive de la liberté d’expression.

S’agissant des obligations professionnelles, l’intervenant a rappelé que les journalistes doivent adopter un comportement responsable avant toute publication afin de prévenir les poursuites judiciaires, citant notamment la vérification rigoureuse des sources, le respect de la présomption d’innocence, la protection de la vie privée sauf en cas d’intérêt public avéré, l’évitement des propos diffamatoires ou injurieux ainsi que le respect du code de déontologie journalistique.

ACP/JF

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