Kinshasa, 7 octobre 2026 (ACP).- L’organisation humanitaire internationale Médecins Sans Frontières (MSF) a alerté sur l’insuffisance des capacités d’accueil dans les structures de prise en charge de la maladie à virus Ebola au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo(RDC), dans un communiqué consulté mercredi par l’ACP.
« Depuis plusieurs semaines, nos capacités d’accueil sont saturées. Faute de places, nous devons régulièrement orienter des patients confirmés vers d’autres structures, alors même qu’ils présentent un risque important de transmission pour la communauté », a déclaré Stéphanie Hoffman, responsable du centre de traitement Ebola (CTE) de MSF à Butembo.
Selon MSF, la province concentre désormais près de 40 % des nouveaux cas confirmés d’Ebola en République démocratique du Congo, contre 24 % à la fin du mois d’août. Cette progression met sous pression les structures sanitaires locales, exposant davantage les patients et le personnel soignant aux risques de contamination.
« Dans cette épidémie, nous sommes comme des pompiers confrontés à un mégafeu, avec de multiples foyers simultanés, d’intensité variable et éloignés les uns des autres », a-t-elle ajouté, avant de relever le fait que la situation demeure très mouvante entre les différentes zones touchées, avec notamment une légère baisse des cas à Butembo et une forte augmentation à Beni au cours de la semaine dernière.
Au 28 septembre, 34 % des cas positifs étaient encore hospitalisés dans des structures de santé générales non équipées pour la prise en charge d’Ebola, en raison notamment de la saturation des centres spécialisés et des retards dans le diagnostic.
Dans la zone de Butembo, MSF soutient trois structures dans le cadre de son appui au ministère de la Santé, notamment le centre de traitement Ebola de Kitatumba, doté de 29 lits pour les cas suspects et confirmés, ainsi que deux centres de transit, à l’Université catholique du Graben (UCG), avec 16 lits, et à Musienene, disposant de cinq lits d’urgence.
Plus de 60 % des décès dans les communautés
MSF souligne par ailleurs que la disponibilité des infrastructures médicales ne suffit pas à interrompre la transmission du virus. Plus de 60 % des décès liés à Ebola surviennent encore au sein des communautés, en dehors des structures de soins.
L’organisation appelle ainsi à renforcer la confiance entre les communautés et les acteurs de la riposte afin d’encourager le dépistage précoce, l’isolement des malades et leur recours rapide aux soins.
Pour y parvenir, MSF collabore avec les leaders communautaires, les professionnels de santé locaux et les associations de jeunes.
Face à cette situation, l’organisation humanitaire demande un renforcement urgent des moyens humains et logistiques dans l’ensemble de la province du Nord-Kivu.
MSF indique mobiliser plus de 2 800 soignants à travers huit centres de traitement et des unités d’isolement en RDC. Ses équipes ont déjà pris en charge plus de 3 500 patients, tout en intervenant dans la surveillance épidémiologique et la mobilisation communautaire pour contribuer à interrompre les chaînes de transmission. ACP/MAM

