Bunia, 11 août 2026 (ACP).- Des essais cliniques sont en cours de planification en République démocratique du Congo(RDC) pour évaluer l’efficacité croisée du vaccin Ervebo contre la souche Bundibudyo du virus Ebola, a annoncé lundi la directrice régionale des urgences de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), lors d’une conférence à Bunia.
« Ervebo est le vaccin qui a été homologué depuis 2020 pour le virus Ebola Zaïre et qui avait notamment été utilisé dans la réponse à l’épidémie de 2018-2020. Aujourd’hui, nous avons une nouvelle espèce de virus Ebola qui cause l’épidémie actuelle et il n’existe pas encore de vaccin homologué contre cette souche », a déclaré le Dr Marie Roseline D. Belizaire, directrice régionale des urgences de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Selon elle, des recherches et des données mondiales suggèrent une possibilité de protection croisée d’Ervebo contre la souche Bundibudyo.
« Des études menées sur des animaux ont produit des résultats préliminaires laissant penser que ce vaccin pourrait offrir une certaine protection », a-t-elle ajouté.
« Pour savoir si cette protection croisée est réellement efficace chez l’homme, il faut passer par des essais cliniques. C’est ce que l’OMS a recommandé et les discussions sont en cours avec le gouvernement, notamment avec le professeur Steve Ahuka, pour déterminer les modalités de mise en œuvre de cet essai », a précisé le Dr Belizaire.
Elle a souligné que la recherche constitue un pilier essentiel de la riposte contre les épidémies, car elle apporte des réponses scientifiques et permet de développer de nouveaux outils de lutte en pleine crise sanitaire.
Un cadre de recherche rigoureusement contrôlé
Pour sa part, le gestionnaire d’incident (Incident manager) de la riposte, le Dr Steve Ahuka a expliqué que le recours au vaccin Ervebo devra, dans un premier temps, s’opérer dans un cadre de recherche rigoureusement contrôlé.
« Comme nous n’avons pas encore d’autre vaccin, nous disposons d’éléments préliminaires qui montrent que les personnes pourraient être protégées si elles sont vaccinées avec ce vaccin disponible que nous connaissons déjà. Le gouvernement est d’accord pour l’utiliser, mais d’abord sous forme d’une recherche contrôlée », a indiqué le Dr Ahuka.
Il a précisé qu’une fois l’efficacité établie, ce vaccin pourrait être envisagé à plus grande échelle dans la riposte.
« Il faut que tout soit bien cadré et contrôlé afin que les résultats obtenus soient solides et acceptés par tous. Nous avons fait à peu près la même chose lors de l’épidémie de 2018 », a-t-il rappelé.
Les premiers participants à cette étude seront sélectionnés parmi des populations faciles à suivre et à contrôler, afin de garantir la fiabilité des données cliniques sur cette souche.
ACP/D T

