Kinshasa, 24 avril 2026 (ACP).- 90% de la déforestation en République démocratique du Congo(RDC) est liée à l’agriculture itinérante sur brûlis, selon un expert en environnement, dans son exposé vendredi, lors de la clôture de la semaine francophone, organisée du 22 au 24 avril à Kinshasa.
«90 % de la déforestation en RDC est liée à l’agriculture itinérante sur brûlis. Pour faire simple, il y a 7 millions de familles qui chaque année déterminent, tous les deux ans, un espace qu’ils vont brûler pour cultiver le manioc, le maïs et tous ces hectares de forêt sont détruits pour longtemps», a déclaré Alain Huart, expert en forêt et paneliste.
Selon cet expert, il existe de mécanismes de forêt communautaire pour accompagner la communauté locale à avoir un autre comportement face à la déforestation.
«Parce que si elle maintient ce même comportement, elle va brûler la chlorofluorocarbure (CFC) qui constitue des gaz à effet de serre très puissants, rendant la chaleur jusqu’à 10.000 fois plus efficacement que le CO²», a-t-il soutenu.
Cet expert a insisté sur le fait que la CFC offre un cadre idéal, parce que c’est une décision du gouverneur avec un titre permanent.
«C’est une géolocalisation du fait qu’elle permet de faire un aménagement de territoire et de ne pas contester les usages de terre. Les lois sont là et opérationnelles pour sécuriser cette approche», a-t-il dit, avant de préconiser une approche de sédentarisation agricole massive.
Pour sa part Alexandre Yuma, directeur programme de Dynamique des Groupes des Peuples Autochtones en RDC(DGPA), a indiqué qu’au-delà des activités humaines, il convient quand même de mentionner aussi que les options politiques ou économiques prises par le gouvernement ont aussi un rôle dans ces pressions.
«Si vous voulez amener le pays à pouvoir opter pour la préservation de ses forêts, en contrepartie, vous devez mettre une enveloppe conséquente sur la table pour pouvoir détourner le gouvernement des options économiques déjà élevées. Parce que les communautés locales ont aussi besoin de se développer. Donc ce débat-là a même, à un certain moment, divisé la société civile», a-t-il conclu.
La Semaine française de Kinshasa (SFK) est un événement économique annuel majeur organisé depuis 2014 par la Chambre de Commerce et d’Industrie Franco-Congolaise (CCIFC), en partenariat avec l’Ambassade de France en RDC.
Elle vise à renforcer les liens commerciaux et à favoriser le réseautage entre entreprises françaises et congolaises.
ACP/ODM

