Kinshasa, 19 septembre 2026(ACP).-La grossesse n’est pas une contre-indication au traitement du cancer de col de l’utérus, a indiqué un gynécologue-obstétricien, lors de son intervention à la session éducationnelle sur « les cancers gynécologiques: prévention, diagnostic et innovation thérapeutique », organisée samedi, à Kinshasa, en République démocratique du Congo.
« Notre présentation s’est articulée autour du cancer de col de l’utérus et grossesse. Nous avons expliqué aux médecins généralistes, assistants en gynécologie-obstétrique, et gynécologues-obstétriciens, que la grossesse permet de rattraper certains cas de cancer du col de l’utérus non diagnostiqués précocement. Elle n’est pas une contre-indication au traitement. Il faut savoir tenir compte des paramètres comme le stade clinique de la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique de la maladie (FIGO), le terme de la grossesse au moment du diagnostic et le projet parental ou l’avenir obstétrical du couple », a déclaré Pr Andy Mbangama, gynécologue-obstétricien et vice-doyen chargé de l’enseignement à la Faculté de médecine de l’Université de Kinshasa.
« Nous avons conseillé aux participants, de ne pas poser des examens plus poussés de dépistage dont la colposcopie et parfois certaines thérapeutiques lorsque la situation s’avère être nécessaire », a-t-il ajouté.
Selon ce spécialiste, le cancer de col de l’utérus et la grossesse, c’est une situation qui existe.
« On a plusieurs cas de cancer du col qui sont diagnostiqués souvent pour la première fois pendant la grossesse, et il s’avère que la grossesse est une occasion où les femmes se présentent facilement à l’hôpital. Et grâce à un simple examen au speculum, on peut diagnostiquer ou suspecter cette anomalie », a-t-il soutenu.
De son côté, le Pr Pierre-Joseph Ingala de la faculté de médecine de l’Unikin, s’est penché sur deux formes de cancers gynécologiques : le cancer de l’ovaire et celui de la vulve.
Pour lui, le point commun de ces deux cancers est qu’ils sont rares par rapport à d’autres types comme celui du col de l’utérus.
Ces cancers, a-t-il dit, intéressent plus les femmes âgées. Leur prise en charge est très complexe, nécessitant les connaissances particulières et l’application des algorithmes de façon stricte pour pouvoir espérer au bon résultat.
« Sa prévention reste difficile parce que dans beaucoup des cas les facteurs de risque sont non modifiables. Ces cancers évoluent silencieusement, et les signes n’apparaissent qu’au stade avancé, raison pour laquelle dès lors qu’il y a des signes d’alerte, il faut se faire consulter pour une prise en charge », a-t-il insisté, précisant que les signes du cancer de la vulve chez les personnes jeunes sont notamment les démangeaisons dans la sphère génitale, les condylomes, tandis que chez les personnes âgées il y a le changement de la coloration de la sphère génitale.
« En ce qui concerne le cancer de l’ovaire, il n’y a pas des signes spécifiques c’est pourquoi il est souvent confondu avec d’autres maladies », a-t-il insisté.
D’autres intervenants ont également abordé des thématiques telles que le vécu psychologique des femmes après le diagnostic d’un cancer.
Cette session éducationnelle a été organisée grâce à l’ONG Congo cancer Foundation, avec la collaboration de la Société congolaise de gynécologie-obstétrique (SCOGO), en partenariat avec la firme pharmaceutique Pfizer et l’Université de Kinshasa. ACP/Ma/Mu§Mp (sp)

