Diabète : le manque d’éducation sanitaire constitue un facteur de risque

Kinshasa, 13 Novembre 2022 (ACP).- Le diabète, étant une maladie métabolique, incurable, chronique et non transmissible, mérite d’être comprise par la population.

Malheureusement, la majorité des Congolais l’ignorent ou sont peu informés sur cette question.

Au regard des préjugés persistants autour de cette maladie, certains croient que le diabète est guérissable grâce à un traitement à l’insuline. D’autres, par contre, estiment que les patients du type B de cette maladie sont victimes de leur négligence, entraînant ainsi des complications néfastes. D’où la nécessité de sensibiliser aux risques, aux causes, aux  signes et aux effets qui en découlent. La sensibilisation demeure le facteur le plus important de la prévention.

C’est depuis 1991 que l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a retenu la date du 14 novembre pour célébrer la lutte contre le diabète. C’est également une façon pour les experts d’exprimer leurs aspirations.

En RDC, en milieu rural, le taux de prévalence de cette maladie était de  6,7% en 2019. Quant au milieu urbain, les statistiques sont en cours de  réalisation, et les résultats sont attendus en 2023. Au niveau du continent, la Fédération des médecins diabétologues d’Afrique a estimé, en 2021, une prévalence de 4,5% pour l’Afrique subsaharienne contre 9,2% en Europe.

le Dr Marie Claire Muyer, professeur à l’école de santé publique de l’université de Kinshasa et responsable au service des maladies non transmissibles, « tension et obésité », au Centre hospitalier du Mont-Amba a préconisé la mise en place d’une équipe mobile qui menera une sensibilisation plus efficace en RDC où la majeure partie de la population est plongée dans le sédentarisme et une alimentation non contrôlée.

« Le comportement sédentaire s’explique par la consommation excessive des aliments trop sucré ou trop salé et remplis de protéine. Ce qui est considéré comme un boulevard vers le diabète », a-t-elle souligné.

Pour le Dr Joseph Kensese, médecin chef du service de diabétologie à l’hôpital général de Kinshasa, le choix sur le thème de la journée mondiale du diabète de cette année, à savoir « Éduquer pour garantir l’avenir », cadre avec le contexte actuel car le manque d’éducation sanitaire constitue un facteur de risque à toute maladie.

« Les patients ont besoin d’être éduquer pour éviter toute forme de complications afin de ralentir cette pathologie. C’est par manque de communication que s’installe l’ignorance sur la prévention et le comportement à afficher une fois que l’on développe la pathologie », a-t-il dit.

«  Le gouvernement doit réguler l’aspect pharmaceutique afin qu’il y ait fréquence de seringues appropriées pour la thérapie de l’insuline de 100 unités. L’absence d’injection plonge le patient dans l’hypoglycémie », a sollicité le Dr Kensese, précisant que le dépistage et la surveillance d’hémoglobine et du taux de cholestérol reste la meilleure prévention.

« Il y a lieu que l’on examine la glycémie avant chaque repas afin de s’assurer que le taux de sucre ne dépasser pas110 degré. 2 heures après le repas le taux de sucre ne doit pas non plus dépasser 145 degré jusqu’à atteindre 200°, seuil à partir duquel l’intolérance glucose est considérée comme un boulevard pour le diabète», a expliqué le Dr Kensese.

Il a fait savoir que pour le diabète de type de A  (de 20 à 40 ans d’âge), les symptômes sont brutaux. Le patient connait, entre autres, une perte de poids, la montée de la fréquence d’uriner, la déshydratation, le trouble digestif, la douleur abdominale.

« Dans ce cas précis, la prise en charge individuelle est déconseillée car la plupart des malades ne disposent pas du matériel nécessaire de contrôle, notamment le glucomètre et la tensiomètre.

Les avancées réalisées dans la prévention

Contacté par l’ACP, le Dr Marie Claire Muyer, professeur à l’école de santé publique et responsable au service des maladies non transmissibles,  « tension et obésité », au Centre hospitalier du Mont-Amba a relevé quelques avancées dans le cadre de la prévention à cette pathologie. Il s’agit de la mise en place à l’hôpital général de référence de Kinshasa d’une unité d’hospitalisation, d’une clinique des pieds diabétiques et des unités de consultation externe.

Une clinique a été également installée au centre hospitalier du Mont-Amba pour la prise en charge des pieds ainsi qu’une équipe chargée d’éduquer les malades. A cela s’ajoute l’organisation de plusieurs campagnes de dépistage volontaire par le Programme national de lutte contre le diabète. ACP/Kayu/Awa/Thd

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