Bunia, 9 juillet 2026 (ACP). – Aucune preuve scientifique ne permet, à ce jour, d’établir un lien entre la consommation de viande bovine contrôlée et la transmission de la maladie à virus Ebola, a rassuré jeudi à l’ACP un médecin vétérinaire à Bunia, en Ituri dans le Nord-est de la République démocratique du Congo.
«Jusqu’à présent, Ebola est présent en Ituri, mais nous ne disposons d’aucune évidence scientifique démontrant que la viande de vache est susceptible de transmettre cette maladie. Au niveau de notre service vétérinaire, nous nous appuyons sur des données scientifiques concernant les espèces animales pouvant transmettre le virus. Nous ne pouvons pas nous réveiller un matin pour affirmer que la viande bovine transmet Ebola sans preuves», a déclaré le Dr Olivier Lumago du Bureau des services vétérinaires.
Il a fait savoir que toute viande destinée à la consommation humaine est soumise à un contrôle sanitaire rigoureux assuré par les vétérinaires présents dans les abattoirs.
«Le contrôle commence par la vérification des documents de l’animal, suivie de l’examen ante-mortem, réalisé avant l’abattage, puis de l’examen post-mortem, après l’abattage. Les différents organes sont inspectés avec minutie afin de s’assurer que la viande ne présente aucun danger pour la santé publique», a-t-il précisé.
Selon lui, ce n’est qu’après cette inspection complète que les services vétérinaires autorisent la consommation de la viande en y apposant un cachet sanitaire, avant sa livraison aux bouchers pour la commercialisation.
Le Dr Lumago a rappelé que la maladie à virus Ebola est avant tout une zoonose liée à la faune sauvage, les animaux sauvages constituant les principaux réservoirs connus du virus.
«Les populations doivent éviter de manipuler ou de consommer des animaux sauvages retrouvés morts ou malades. C’est dans la faune sauvage que résident les principaux risques de transmission de cette maladie, et non dans la viande bovine régulièrement contrôlée par les services vétérinaires», a-t-il insisté.
Abordant les mesures de prévention, le vétérinaire a souligné que le virus Ebola ne résiste pas à une cuisson adéquate des aliments.
«Le virus Ebola ne résiste pas au feu. Lorsque la viande, qu’elle soit de bœuf, de chèvre ou de porc, est correctement cuite, notamment à une température avoisinant 100 degrés Celsius, la chaleur détruit le virus. Au-delà de la cuisson, il est essentiel que la viande provienne d’animaux sains et qu’elle ait été inspectée par les services vétérinaires avant sa mise en vente», a-t-il conclu. ACP/M N

