Ebola en RDC : l’évolution de l’épidémie impose une redynamisation de la riposte(ministre de la Santé)

Bunia, 9 juillet 2026 (ACP).– La riposte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo se poursuit avec une adaptation régulière des stratégies mises en place, a déclaré jeudi le ministre de la Santé publique, lors d’une mission d’évaluation effectuée en Ituri après 54 jours de riposte.

«Il n’y a pas d’urgence, il y a une continuité dans la redynamisation de la riposte. Vous savez que cette riposte dure maintenant depuis 54 jours et je devais m’assurer que tous les objectifs que nous nous sommes fixés sont soit atteints, soit en phase de l’être», a indiqué le ministre Roger Kamba Mulumba.

Selon lui, la dynamique d’une riposte exige une adaptation permanente en fonction de l’évolution de la situation sur le terrain. «Une riposte est dynamique, il y a beaucoup de choses qui bougent, qui changent, et l’on doit pouvoir être là pour l’adapter au moment utile», a-t-il ajouté.

Le ministre a rappelé que la lutte contre Ebola demeure avant tout une responsabilité nationale, tout en saluant l’appui des partenaires techniques et financiers. 

«Cette riposte est d’abord nationale. C’est vraiment notre pays qui doit lui-même commencer par agir avant d’obtenir le soutien des partenaires, que nous apprécions beaucoup», a-t-il souligné.

Gestion numérique des ressources humaines

Abordant la question de la gestion des ressources humaines engagées dans la riposte, il a reconnu l’existence de quelques difficultés liées notamment aux listes de paiement du personnel. 

«Nous devons nous assurer que les listes des personnes que nous devons payer sont les bonnes. Nous devons veiller à payer ceux qui travaillent et à ce que ce paiement arrive correctement à ces personnes-là», a-t-il expliqué.

Il a précisé que les modifications apportées à ces listes avaient provoqué des incompréhensions chez certains agents.

«Il y a eu des changements de listes qui ont fait que, malheureusement, certains disaient : “Moi, je ne suis pas payé alors que je travaille”, et d’autres demandaient : “Où travaille-t-il alors qu’il est payé ?”», a-t-il indiqué, rassurant que des solutions sont en cours.

Pour améliorer la transparence dans la gestion des paiements, le ministre Roger Kamba Mulumba a annoncé l’utilisation prochaine d’un système numérique. 

«Nous allons octroyer une carte de santé à tout le personnel qui travaille. Cette carte servira en même temps de carte bancaire et le paiement se fera de manière beaucoup plus fluide. Chacun recevra son argent sur sa carte, sans aucun intermédiaire», a-t-il déclaré.

Phase active et hausse des cas communautaires

Concernant l’évolution de l’épidémie, le ministre a affirmé que la situation demeure préoccupante dans plusieurs zones touchées. «Nous sommes encore en phase active, très active même, de la maladie, où nous nous rendons compte que le nombre de cas augmente tous les jours», a-t-il fait savoir.

Cette augmentation, a-t-il expliqué, est directement liée au renforcement de la recherche active des cas dans les communautés. «Quand vous mobilisez beaucoup de ressources, notamment les relais communautaires qui vont chercher les malades dans la communauté, vous augmentez mécaniquement le nombre de cas», a-t-il précisé.

Il a indiqué que cette approche permettra d’identifier progressivement l’ensemble des malades isolés dans la communauté avant d’observer une stabilisation.

«Cette augmentation du nombre de cas nous donne une image réelle de la situation communautaire. Elle nous permettra à terme de certifier qu’il n’y a plus de malades cachés dans la communauté», a-t-il expliqué.

Selon lui, l’Ituri et le Nord-Kivu restent en phase aiguë avec une croissance des cas, tandis que d’autres provinces ont également été affectées à la suite des mouvements de population.

«En Ituri et au Nord-Kivu, nous sommes toujours en phase aiguë et ascendante. Nous avons maintenant Wamba et la Tshopo qui sont aussi touchés du fait de cette mobilité très importante», a-t-il déclaré.

Le ministre a également évoqué les mesures prises pour limiter la propagation de la maladie liée aux déplacements.

 «C’est pour cela que le gouverneur militaire a déjà pris un arrêté pour surveiller et limiter au maximum ces mouvements, notamment aux points d’entrée et aux points de contrôle» , a-t-il rappelé.

Recherche sur la souche Bundibugyo

Répondant à une question sur la disponibilité d’un vaccin contre la souche responsable de l’épidémie actuelle, le professeur Ahuka, représentant du professeur Muyembe pour la recherche scientifique, a indiqué qu’aucun vaccin homologué n’existe encore contre ce variant spécifique.

«La souche à laquelle nous faisons face, la souche Bundibugyo, n’a pas encore de vaccin homologué, c’est-à-dire dont l’efficacité a été prouvée», a-t-il expliqué.

Toutefois, il a précisé que des recherches sont en cours sur des candidats vaccins susceptibles d’être efficaces. 

«Notre travail consiste à chercher si les candidats vaccins existants peuvent fonctionner. Lorsque nous aurons les preuves scientifiques de leur efficacité, nous pourrons alors les utiliser à grande échelle», a-t-il ajouté.

Il a estimé que ces recherches pourraient durer entre quatre à six mois, voire une année, afin de garantir leur efficacité et leur sécurité avant toute utilisation de masse.

Par ailleurs, le ministre Roger Kamba Mulumba a indiqué que cinq provinces sont actuellement concernées par la riposte : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo et le Haut-Uele. 

Il a toutefois annoncé une évolution très favorable dans le Sud-Kivu.«Le Sud-Kivu a atteint 42 jours sans nouveaux cas. Je pense donc que j’annoncerai très prochainement le retrait de cette province du dispositif de riposte», a-t-il conclu. ACP/MK

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