Ebola en RDC : l’INRB veut une « aide directe » pour optimiser la lutte

Kinshasa, 13 août 2026 (ACP).- L’Institut national de recherche biomédicale (INRB) a sollicité auprès des partenaires une « aide directe » à ses laboratoires afin de garantir davantage d’efficacité dans la lutte contre la difficile 17ème épidémie d’Ebola dans les zones affectées de l’Est de la République démocratique du Congo.

Cette épidémie a déjà causé plus de 2000 décès dans le nord-est de la RDC, et n’a pas encore atteint le pic, selon plusieurs observateurs contactés par l’ACP.

 « Il faut faire la part des choses entre la riposte globale et l’appui aux laboratoires. Les activités de laboratoire sont très différentes de celles de la riposte menée par l’Institut national de santé publique (INSP). Nous avons besoin d’un appui direct pour nos laboratoires, notamment en gants et en réactifs. Je pense qu’il nous faut une aide directe au lieu de passer par le ministère qui gère de nombreux dossiers. Votre aide doit parvenir directement à l’INRB pour être efficace sur le terrain », a déclaré le docteur Jean-Jacques Muyembe, directeur général du prestigieux laboratoire congolais, lors des échanges à Kinshasa, avec des experts chinois venus pour appuyer la riposte.

Par la même occasion, le virologue congolais a insisté sur la priorité accordée au diagnostic et à la modernisation de la biobanque de l’INRB, qui doit accéder aux standards internationaux, afin d’optimiser la réponse aux urgences sanitaires en RDC.

Avec le retrait de la province du Sud-Kivu, après plus de 42 jours sans aucun nouveau cas, l’épidémie de maladie à virus Ebola sévit désormais dans quatre provinces de la RDC. Elle y a franchi le plafond de 2 000 décès, selon le dernier rapport épidémiologique publié lundi par les autorités sanitaires.

Le dépassement de ce seuil de 2 000 morts marque un tournant critique.

Dans l’histoire de la RDC, berceau du virus découvert en 1976, notamment par le virologue congolais Muyembe, une seule épidémie avait été plus meurtrière : celle de 2018-2020 dans la même région, qui avait fait 2 287 morts en deux ans.

La crise actuelle se distingue toutefois par une vitesse de propagation inédite. Alors qu’il a fallu neuf semaines pour dénombrer les 1 000 premières victimes, le cap des 2 000 morts a été franchi en trois semaines supplémentaires.

Avec un taux de létalité d’environ 46 %, le virus progresse à un rythme encore jamais observé par les experts.

L’épidémie de maladie à virus Ebola en RDC, souche Bundibugyo, sévit désormais dans quatre provinces avec plus de 4 300 cas confirmés. L’Ituri demeure l’épicentre de la crise, concentrant environ 90 % des cas enregistrés, principalement dans les zones de santé de Mongbwalu, Rwampara et Bunia. ACP/

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