Kinshasa, 22 août 2026 (ACP).– Le lancement de la stratégie « 100 % village », destinée à rapprocher davantage la riposte contre Ebola des communautés, a été annoncé samedi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), par le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), lors d’une conférence de presse.
« Cette nouvelle approche doit permettre d’aller au-delà des interventions limitées aux zones de santé et de renforcer la mobilisation directement au niveau des villages. L’objectif est d’obtenir une meilleure collaboration des populations dans la détection des cas, le suivi des contacts et l’isolement des personnes malades », a déclaré le Dr Dieudonné Mwamba.
Parlant de la vaccination, le DG a fait savoir qu’elle constitue l’un des piliers de la nouvelle stratégie de riposte. La RDC dispose actuellement de 20 750 doses, dont 750 réservées à la protection des prestataires de première ligne et 20 000 destinées à la poursuite des essais cliniques visant à évaluer l’efficacité du vaccin contre la souche Bundibugyo.
« Compte tenu du nombre limité de doses disponibles, les autorités ont opté pour une approche progressive et ciblée. La première étape consistera à mettre en place une stratégie de ceinture autour de l’Ituri, afin de réduire les risques de propagation vers les provinces voisines, notamment la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé », a-t-il précisé.
Les professionnels de santé devraient être les premiers bénéficiaires de cette vaccination, avant une éventuelle extension aux contacts à haut risque et à d’autres catégories prioritaires, en fonction des disponibilités.
Pour l’INSP, les moyens médicaux et logistiques ne pourront toutefois produire pleinement leurs effets sans l’adhésion des communautés.
Les autorités sanitaires appellent ainsi les personnes présentant des symptômes compatibles avec Ebola à éviter les déplacements et à consulter rapidement un centre de santé.
Le Dr Mwamba a également insisté sur l’importance de ne pas manipuler ni transporter les dépouilles des personnes décédées sans l’intervention des équipes spécialisées, afin de limiter les risques de contamination.
Alors que l’épidémie demeure active en RDC, la stratégie mise désormais sur une combinaison entre surveillance renforcée, implication des communautés, amélioration de la prise en charge et vaccination ciblée.
L’objectif est de réduire les contaminations au sein des communautés, de mieux contrôler la mobilité des personnes infectées et, surtout, d’empêcher la propagation du virus depuis l’Ituri vers les autres provinces du pays. ACP/D L

