Ebola : le gouvernement congolais appelé à renforcer la riposte dans les provinces touchées

Kinshasa, 16 août 2026 (ACP).– Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a été appelé jeudi, à Kinshasa, par la coalition « Le Congo n’est pas à vendre » (CNPAV), à renforcer la riposte dans les provinces touchées par la maladie à virus Ebola, selon un communiqué parvenu dimanche à l’ACP.

« La coalition  » le Congo n’est pas à vendre » appelle le gouvernement à agir immédiatement, à renforcer la riposte dans les provinces touchées et à faire de la transparence et de la protection de la population une priorité absolue », a-t-on lu.

Selon cette source, l’organisation a également invité les autorités à déployer une riposte à la hauteur de l’urgence et à faire preuve de transparence dans la gestion des fonds alloués.

« Le 15 juin dernier, le CdC/RN, membre du CNPAV en Ituri, appelait déjà à une riposte davantage ancrée dans les communautés, transparente et adaptée aux réalités locales. Deux mois plus tard, l’évolution de la situation sur le terrain montre que ces alertes n’ont pas été suffisamment entendues », poursuit le communiqué.

Le CNPAV a toutefois pris acte des orientations annoncées lors de la réunion de la Task force tenue à la présidence de la République le 5 août. Au cours de celle-ci, le gouvernement, l’OMS et Africa CDC ont reconnu la nécessité de revoir l’approche de la riposte et de renforcer l’implication des communautés, des chefs traditionnels et religieux ainsi que des acteurs sociaux.

Face à une épidémie qui s’étend à une vitesse inquiétante, et devant les difficultés persistantes dans la prise en charge des malades, la coordination des interventions et le paiement du personnel mobilisé, l’enjeu n’est plus seulement de multiplier les annonces.

Il s’agit désormais de garantir une riposte effectivement opérationnelle, coordonnée et redevable.« Cette riposte doit être à la hauteur de l’urgence, alors que l’épidémie, partie de l’Ituri, s’est désormais étendue à cinq provinces avec plus de 2 000 morts. Les informations remontant du terrain font état de difficultés qui interrogent directement l’efficacité du dispositif de riposte. Sur le terrain, la prise en charge des malades demeure confrontée à des contraintes », rapporte la source.

La décision d’exiger un rapport détaillé sur les fonds décaissés saluée

À cet effet, le CNPAV a salué la décision de la Première ministre demandant au ministre de la Santé publique un rapport détaillé sur les fonds déjà décaissés dans le cadre de cette crise sanitaire.

La coalition a recommandé que ce rapport soit rendu public, tout comme les mesures et orientations prises pour relever les défis, l’alignement clair et efficace des partenaires, ainsi que la coordination rigoureuse des opérations.

La source rappelle que la transparence n’est pas une exigence accessoire en période d’épidémie, mais qu’elle constitue une condition essentielle à l’efficacité de la réponse et à la confiance des populations.

Le document précise qu’une enquête parlementaire est indispensable au regard de l’extension de l’épidémie et des nombreuses interrogations sur la gestion de la riposte.

Par conséquent, le CNPAV demande l’ouverture urgente de cette enquête parlementaire. Elle devra notamment examiner la gestion et l’utilisation des fonds consacrés à la riposte, le paiement du personnel médical et communautaire, la coordination entre les différents services et partenaires, les éventuels dysfonctionnements ou détournements, ainsi que les responsabilités dans les défaillances constatées.

Le Congo n’est pas à vendre est une coalition d’organisations congolaises et internationales unies par la conviction que les ressources de la RDC doivent servir le peuple et non des intérêts privés.
Force citoyenne, le CNPAV lutte contre la corruption systémique par l’investigation, le plaidoyer et la mobilisation citoyenne, visant un Congo juste, transparent et souverain.ACP/K.

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