Kinshasa, 16 août 2026(ACP).- A l’approche de la Journée mondiale du moustique le 20 août, la RDC, deuxième pays le plus touché au monde, fait le point sur son combat contre le paludisme. Face à un bilan lourd de plus de 29 millions de cas et 21 695 décès, l’introduction du vaccin R21/Matrix-M représente un espoir majeur, bien que la lutte antivectorielle classique reste indispensable.
Instituée en mémoire de la découverte de Sir Ronald Ross en 1897 qui prouva que l’anophèle femelle est le vecteur du paludisme, la Journée mondiale du moustique n’a rien d’une célébration. Elle braque les projecteurs sur l’animal le plus mortel pour l’être humain.
En RDC, ce fléau n’est pas une simple statistique, c’est une réalité quotidienne qui endeuille des milliers de familles.
Le tableau épidémiologique de la RDC reste alarmant. Le pays concentre à lui seul une part massive des cas et des décès liés au paludisme à l’échelle mondiale, aux côtés du Nigeria.
Chaque heure, l’impact dévastateur des piqûres d’anophèles arrache des vies de nourrissons, paralysant par la même occasion l’économie des ménages ruraux et périurbains.
La RDC, épicentre du paludisme
Le tableau épidémiologique national demeure profondément préoccupant. Selon le dernier bilan officiel partagé par la direction du Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP), la RDC a franchi un seuil critique avec 29 123 262 cas de paludisme recensés sur l’ensemble du territoire national au cours de l’année de référence.
Le rapport détaille que la grande majorité concerne des cas de paludisme simple (26,3 millions), tandis que près de 2,74 millions de Congolais ont développé une forme grave de la maladie.Sur le plan de la mortalité, le bilan est lourd : 21 695 décès officiellement enregistrés. Les enfants de moins de 5 ans payent de loin le plus lourd tribut. Ils représentent 47,7 % des malades et 69 % des décès totaux, soit plus de 15 000 jeunes vies arrachées. Les femmes enceintes constituent l’autre groupe hyper-vulnérable, comptabilisant près de 1,5 million de cas à travers le pays.
À l’échelle planétaire, la RDC conserve sa triste deuxième place derrière le Nigeria, concentrant à elle seule près de 12 % de la charge mondiale du paludisme.
Le vaccin R21 : une nouvelle arme de destruction massive du parasite
Face à la résistance croissante des moustiques aux insecticides et des parasites aux traitements classiques, l’espoir s’est renouvelé. La RDC a franchi une étape historique en introduisant officiellement le vaccin antipaludique R21/Matrix-M dans son calendrier de vaccination de routine pour les nourrissons.
Développé par l’Université d’Oxford et produit à grande échelle, ce vaccin de nouvelle génération affiche une efficacité élevée (dépassant 75 % lors des essais) et s’avère beaucoup plus accessible financièrement que ses prédécesseurs.
Administré en quatre doses aux enfants dès l’âge de 6 mois, il vient combler un vide immunitaire crucial.
L’immunisation ne remplace pas la moustiquaire
Toutefois, les autorités sanitaires congolaises et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) restent catégoriques : le vaccin est un outil additionnel puissant, mais il ne remplace pas les gestes barres environnementaux.
La lutte antivectorielle demeure indispensable. Pour espérer éliminer la maladie, la population doit continuer à : Dormir systématiquement sous une moustiquaire imprégnée d’insecticide (MII), éliminer les eaux stagnantes autour des habitations qui constituent des véritables gîtes larvaires pour les moustiques et assainir l’environnement immédiat par le désherbage.
Cette Journée mondiale du moustique sera donc l’occasion pour le ministère congolais de la Santé de renforcer la sensibilisation. Entre le déploiement progressif des doses de vaccin dans les provinces les plus enclavées et l’appel à la responsabilité communautaire, la RDC veut croire qu’un avenir sans paludisme est désormais à portée de main.
La Journée mondiale du moustique, célébrée le 20 août de chaque année, n’a pas de thème officiel unique fixé au niveau mondial par une organisation centrale. Elle met en avant la lutte contre les maladies transmises par les moustiques, comme le paludisme, la dengue et le virus Zika.

