Beni, 17 juin 2026 (ACP).- Les relais communautaires impliqués dans sensibilisation sur la maladie à virus Ebola éprouvent la peur et la négation, particulièrement dans l’aire de santé de Rwangoma, à Beni, au Nord-Kivu, dans l’Est de la République démocratique du Congo, a appris l’ACP mercredi des sources sanitaires.
« Dès l’annonce officielle de l’épidémie par les autorités, l’équipe de relais communautaires fait face à une résistance populaire. Les jeunes nient l’existence de la maladie et menacent physiquement les agents. Nous avons eu difficile à organiser des sensibilisations de masse, par peur d’être agressés », a témoigné Justine Vivuya, une jeune dame soucieuse de voir la communauté être édifiées sur cette maladie dangereuse, mais qui guérit une fois prise en charge avant le temps.
Cette volontaire bénévole, qui a souhaité voir les autorités penser à une motivation à leur faveur, s’est dite déterminée à franchir tous les obstacles pourvue que ses semblables sortent dans l’ignorance.
Joseph Wamo, un autre jeune relais communautaire, la trentaine révolue, est revenu sur le danger que présente la stratégie du porte-à-porte pour atteindre le maximum de personnes.
« C’est à notre propre risque », a-t-il admis, mais pas découragé dans sa vocation de vulgarisateur des mesures de prévention.
Une autre difficulté, la plus majeure, est la prise en charge des acteurs de terrain. « Nous sacrifions notre vie pour en sauver plusieurs autres. Les autorités devraient améliorer nos conditions de prestation et de survie », a plaidé Bienvenu Kakule pour qui les risques encourus nécessitent une reconnaissance de la part des décideurs.

Un laboratoire à Beni, motif d’espoir
Si les difficultés sont nombreuses, les relais communautaires abordés ont, tout de même, salué une avancée majeure : l’installation d’un laboratoire à Beni pour l’analyse locale des échantillons prélevés.
« Cela nous permet déjà d’accéder aux résultats le plus tôt possible. Avant, il fallait attendre Kinshasa, parfois deux semaines après. Cette situation compliquait la gestion des cas suspects », s’est réjoui Paluku Mathe pour qui cette proximité du laboratoire constitue une astuce à développer au sein de la communauté pour assurer ceux qui doutent encore.
En guise de recommandation, les relais communautaires abordés, ont lancé un appel aux responsables de la riposte « d’associer entièrement les leaders communautaires dans la riposte, aux côtés des superviseurs ».
Pour eux, l’implication des acteurs de base reste la clé pour briser le mur de la méfiance, stopper la chaine de la contamination et endiguer l’épidémie à travers toutes les aires de santé affectées.
ACP/JK
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