Mbandaka, 8 juillet 2026 (ACP).- Des acteurs étatiques de la province de l’Equateur, dans l’ouest de la République démocratique du Congo, ont été sensibilisés mercredi à Mbandaka, sur la mise en œuvre de la Déclaration interprovinciale relative aux tourbières, a constaté l’ACP.
« C’est pour moi un immense honneur de prendre la parole à l’occasion de cette importante journée de sensibilisation consacrée à la mise en œuvre de la Déclaration interprovinciale sur les tourbières, qui concerne les provinces de la Tshuapa, de la Tshopo, de la Mongala, du Sud-Ubangi, du Maï-Ndombe ainsi que de l’Équateur, et au renforcement du soutien aux activités du Programme intégré de réduction de la déforestation et de la désertification (PIREDD) dans notre province. Le choix du Jardin botanique et zoologique d’Eala n’est nullement fortuit. Il illustre parfaitement l’immense richesse environnementale de l’Équateur, dont une partie importante est constituée de vastes zones de tourbières reconnues aujourd’hui comme des écosystèmes essentiels dans la lutte contre le changement climatique à l’échelle mondiale », a déclaré Dieudonné Bobo Boloko, gouverneur de province.
« Je tiens également à rendre un vibrant hommage au président de la République, Félix Tshisekedi, pour son leadership visionnaire et son engagement constant en faveur de la protection de l’environnement, faisant de la RDC un véritable pays-solution face aux défis du changement climatique. Grâce à cette vision, notre pays honore ses engagements internationaux, notamment dans le cadre des initiatives pour les forêts d’Afrique centrale, tout en affirmant son rôle stratégique dans la préservation du bassin du Congo, deuxième massif forestier tropical de la planète », a-t-il ajouté.
Pour le gouverneur, si la RDC est aujourd’hui reconnue comme un pays-solution, la province de l’Équateur en constitue le cœur écologique grâce à l’étendue de ses forêts, à la richesse exceptionnelle de sa biodiversité et à l’importance de ses tourbières, qui contribuent de manière significative à la régulation du climat mondial et à la conservation du patrimoine naturel universel.
Il a indiqué que les résultats obtenus par le projet « PIREDD » dans la province sont aujourd’hui visibles et appréciés par les populations bénéficiaires.
Ainsi, au regard de ces acquis, l’autorité provinciale a plaidé pour une nouvelle phase du projet et son extension aux sept territoires de la province, y compris les secteurs, chefferies et zones périurbaines qui n’ont pas encore bénéficié des interventions.
« Je salue le professionnalisme, le dévouement et l’expertise technique des équipes de mise en œuvre, dont les efforts ont largement contribué aux performances enregistrées sur le terrain. Le gouvernement provincial réaffirme son entière disponibilité à accompagner cette dynamique et continuera à créer un environnement favorable à la mise en œuvre efficace des activités du projet PIREDD, en collaboration avec la FAO, le WWF et l’ensemble des parties prenantes », a-t-il assuré.
Le gouverneur Boloko a également affirmé que la préservation des tourbières ne constitue pas un obstacle au développement, mais représente une opportunité de promouvoir un développement durable conciliant protection de l’environnement, croissance économique et amélioration des conditions de vie des populations locales.
« Notre ambition est de bâtir une véritable économie verte capable de valoriser durablement nos ressources naturelles, de générer des opportunités économiques et de renforcer la résilience de nos communautés face aux effets du changement climatique. Cet objectif ne pourra être atteint qu’à travers l’engagement de tous: autorités publiques, partenaires techniques et financiers, organisations de la société civile, communautés locales, peuples autochtones et chaque citoyen de notre province. En protégeant nos tourbières aujourd’hui, nous protégeons notre climat, notre biodiversité, notre économie ainsi que l’avenir de nos enfants. Préserver les tourbières de l’Équateur, c’est préserver un patrimoine naturel d’importance mondiale et affirmer la contribution de notre province aux efforts internationaux de lutte contre le changement climatique », a-t-il conclu.
Pour sa part, le chef du programme WWF Equateur, M. Laurent Nsenga, a indiqué que les tourbières du Congo-Kinshasa et de la République du Congo couvrent environ 168.000 km², dont près de 113.000 km² se trouvent en RDC, précisant que la seule province de l’Équateur en compte environ 58.000 km², ce qui témoigne de son importance stratégique.
Il a, par ailleurs, salué le leadership des autorités provinciales dans l’organisation de cette campagne de sensibilisation, avant de rappeler que la province occupe une place de premier plan en matière de concessions forestières des communautés locales.
Cet atout, a-t-il dit, suscite un intérêt croissant des partenaires pour les mécanismes liés aux marchés du carbone, notamment celui stocké dans les tourbières, considéré comme un carbone de haute valeur.
Il sied de signaler que les autorités administratives, les membres du comité provincial de sécurité, ainsi que des représentants des peuples autochtones et des organisations partenaires ont pris part à cette cérémonie. ACP/JN/B

