Ituri : propagation inquiétante du VIH/Sida avec 5% de taux de prévalence 

Bunia, 18 Octobre 2025 (ACP).- La province de l’Ituri, au nord-est de la République démocratique du Congo, enregistre un taux de prévalence du VIH/Sida de 5 %, soit bien au-dessus de la moyenne nationale de 0,7 %, a indiqué, vendredi, le secrétaire exécutif provincial du Programme national multisectoriel de lutte contre le Sida (PNMLS), devant la presse.

« La province de l’Ituri enregistre le taux de prévalence de 5%, soit le plus élevé de moyenne nationale (0,7%). Plus de 75 % des femmes enceintes ne sont pas dépistées, augmentant le risque de transmission à leurs enfants. De plus, 22 % des enfants séropositifs ne reçoivent pas encore de traitement antirétroviral », a alerté le secrétaire du PNMLS/Ituri, le Dr Michel Mbuyi.

« Cette situation est très alarmante. Si nous n’agissons pas rapidement, le virus continuera de se propager, touchant femmes, enfants et populations vulnérables », a-t-il dit.

Selon le PNMLS, environ 28 000 personnes vivent actuellement avec le VIH dans la province, où la lutte contre la maladie reste difficile par la crise sécuritaire, les déplacements de population et les violences sexuelles.

En plus de la crise sécuritaire, il a également épinglé plusieurs autres défis, entre autres : « Les ruptures de préservatifs et de médicaments, ainsi que le faible taux de couverture sanitaire, car seulement un tiers des structures de santé offrent un paquet complet de services VIH ».

Profitant de l’opportunité, Michel Mbuyi a cité les zones de santé les plus touchées par cette pandémie, notamment les zones minières, comme Mambasa, Mungwalu et Niania, qui affichent des taux de prévalence supérieurs à 20 %, tandis que dans les sites de déplacés internes, comme Tchomia, le virus continue de se propager sans services adéquats.

Pour renforcer la lutte, le PNMLS plaide pour la création d’une ligne budgétaire provinciale dédiée au VIH, la mise en place des cellules internes dans chaque division et la création d’un Fonds provincial SIDA (FONSIDA) financé par de petites taxes locales.

« Le VIH/Sida n’est pas seulement une question de santé, c’est un enjeu de développement. Pour atteindre l’objectif zéro infection, zéro décès, zéro discrimination d’ici 2030, chacun doit s’impliquer », a-t-il conclu.

ACP/UKB 

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