Kinshasa, 29 septembre 2025 (ACP) .- Le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (RJSSR) de la République démocratique du Congo, a appelé les décideurs politiques à honorer leurs engagements, notamment en dotant la ligne budgétaire de fonds effectifs au Programme national de santé de la reproduction (PNSR), selon un communiqué parvenu lundi à l’ACP, en marge de la journée mondiale de la contraception.
«Nous appelons les décideurs politiques à honorer leurs engagements et à doter la ligne budgétaire de fonds effectifs, aux partenaires techniques et financiers à maintenir et renforcer leur appui pour éviter un recul aux conséquences dramatiques », a déclaré Mme Bibiche Mbete, coordonnatrice nationale du RJSSR citée dans le communiqué.
Un appel aux médias et aux journalistes a été également lancé afin de poursuivre leur rôle de veille et de sensibilisation pour mobiliser l’opinion publique et interpeller les responsables.
Selon cette structure de professionnels des médias, la planification familiale ne devrait pas être un luxe, mais un droit fondamental et une nécessité pour la santé publique, dans le but de réduire la mortalité maternelle.
Par ailleurs, ce communiqué a mis en avant plusieurs défis au niveau de l’accès et de la qualité des services, faisant craindre un risque de grossesses non désirées et d’avortements clandestins chez les adolescentes, les jeunes et les populations vulnérables.
« Les avancées promises peinent à se concrétiser. Entre les déclarations officielles et la réalité vécue sur le terrain, l’écart est considérable », a révélé ce communiqué.
Baisse du taux de prévalence contraceptive
Selon le communiqué, le taux de prévalence contraceptive chez les femmes en union est passé de 18 % en 2018 (données MICS) à 10,7 % en 2024 (EDS 2023/2024), selon les dernières enquêtes. La prévalence contraceptive moderne chez les adolescentes est encore plus faible, en dessous de 10 %, traduisant un taux très élevé de grossesses non désirées.
« Les grossesses précoces restent alarmantes : 6 % des filles avant 15 ans et 25 % avant 18 ans ont déjà commencé leur maternité. La demande non satisfaite en contraception concerne au moins 31 % des femmes mariées, et probablement davantage chez les non-mariées (EDS 2023/2024) », a précisé le document.
Selon la même source, un taux de mortalité maternelle plutôt élevé : 746 décès pour 100 000 naissances vivantes. Selon le communiqué, cette mortalité est fortement influencée par celle des adolescentes, souvent victimes de complications liées aux grossesses précoces et non désirées.
Appel à la mobilisation pour éviter des conséquences dramatiques
La coordonnatrice du RJSSR a plaidé pour la mobilisation d’actions urgentes par le gouvernement congolais afin d’éviter au pays les multiples conséquences.
« Si la RDC n’agit pas en urgence, elle risque de s’exposer à la poursuite de la baisse de la prévalence contraceptive, à une augmentation des grossesses non désirées et précoces, à un recours accru aux avortements à risque et à une mortalité maternelle toujours plus élevée, évitable dans une large mesure grâce à la planification familiale qui, selon des études, peut réduire de 30 % la mortalité maternelle. » ACP/C.L.

