Kinshasa, 10 juillet 2026 (ACP).- Le mouvement de grève « médecins sans hôpitaux », lancé par le syndicat national des médecins (Synamed), a paralysé certains hôpitaux publics, notamment le Centre Hospitalier Universitaire Renaissance (CHUR) de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo(RDC), a constaté jeudi l’ACP.
« Nous sommes satisfaits du respect du mot d’ordre du bureau national du syndicat. Les gens ne viennent pas parce qu’ils savent que les médecins sont en grève, mais plutôt parce qu’il y a des urgences qui peuvent arriver la nuit. En tout cas, nos équipes font rentrer les gens pour leur dire qu’ici, les médecins ne reçoivent pas », a déclaré un médecin du CHUR, qui a requis l’anonymat.
Les structures de santé publiques de la capitale, comme l’hôpital général de référence de Kintambo, le Centre Hospitalier Universitaire Renaissance (CHUR, ancien hôpital Maman Yemo) et tant d’autres, sont fortement perturbées.
Les différents couloirs sont vides, le personnel soignant absent et certains bureaux de consultation fermés. Les malades se plaignent de l’absence des agents d’accueil ; la situation demeure critique dans tous les services.
En outre, les services d’échographie, de radiographie et d’autres prestations sont également fermés. La situation est plus poignante aux urgences, où certains malades sont abandonnés, tandis que d’autres quittent les lieux, faute de soins appropriés, pour se tourner vers les structures sanitaires privées.
Le Synamed quant à lui, justifie ce mouvement de grève par le manque de réponses concrètes du gouvernement concernant ses revendications, à savoir : l’alignement et la régularisation de la prime de risque, le paiement des salaires et le respect des engagements financiers pris par les autorités publiques.
Par ailleurs, au Centre hospitalier Mère et Enfant de Barumbu, le médecin directeur assure seul les consultations prénatales. Assise à la réception, sans sa tenue de travail, la docteure Nadège Lingonda, secrétaire financière du Synamed au sein de ce centre hospitalier, est venue constater l’effectivité de la grève.
« Le bureau provincial nous a instruits de passer dans nos institutions pour vérifier l’effectivité de la grève. Lors de notre tour, nous avons constaté que le mot d’ordre a été respecté : il n’y a aucun médecin. Je suis la seule médecin présente », a-t-elle dit.
Dans les hôpitaux publics, les représentants du Syndicat national des médecins sont unanimes : les médecins affiliés, ainsi que l’ensemble de la corporation, doivent maintenir la pression jusqu’à l’obtention d’une solution crédible de la part du gouvernement.
Ce mouvement a débuté le 24 juin dernier avant de se durcir pour devenir une grève radicale. ACP/M/M/M

