Kinshasa, 29 mars 2026 (ACP).- L’accès aux soins de maternité pour les femmes vivant avec handicap demeure difficile en République démocratique du Congo (RDC), a soutenu dimanche à Kinshasa, la présidente nationale de la Société congolaise de la pratique sage-femme (Scosaf), dans un entretien avec l’ACP.
«L’accès aux soins pour les femmes vivant avec handicap reste difficile et inégal, malgré la mise en œuvre de la gratuité de la maternité », a déclaré Annie Tshiamala, présidente nationale de la Scosaf.
Selon elle, plusieurs obstacles persistent dans les structures de santé, notamment l’absence d’infrastructures adaptées. Les rampes d’accès sont rares, les tables d’examen souvent inadaptées et les installations sanitaires difficilement accessibles aux personnes en fauteuil roulant.
Mme Tshiamala a évoqué également des cas de stigmatisation. « Le manque de sensibilisation du personnel soignant peut entraîner un accueil peu approprié et des jugements sur la vie reproductive des femmes handicapées », a-t-elle ajouté.
Par ailleurs, elle a fait savoir que la gratuité de la maternité a toutefois permis des avancées, car elle a facilité l’accès aux structures de santé pour de nombreuses femmes vivant avec handicap, en supprimant le paiement immédiat des soins. Mais cette mesure ne couvre pas toujours les besoins spécifiques liés au handicap, comme l’assistance prolongée ou les soins post-opératoires adaptés.
Mme Tshiamala a soutenu que les difficultés de communication constituent un autre défi majeur, en particulier pour les femmes sourdes. L’absence d’interprètes en langue des signes expose à des risques médicaux, notamment des erreurs de diagnostic ou une mauvaise compréhension des traitements. Cette situation, a-t-elle dit, peut aussi accentuer le stress et le sentiment d’isolement pendant l’accouchement.
« Concernant la qualité des soins, le constat reste mitigé. L’afflux de patientes dans les hôpitaux publics, lié à la gratuité, réduit le temps accordé à chaque cas, notamment pour ceux nécessitant une attention particulière. La qualité de l’accueil varie en outre d’une structure à l’autre, », a-t-elle précisé.
Pour améliorer la prise en charge, la présidente nationale de Scosaf a plaidé pour la formation du personnel à l’accueil inclusif et à la langue des signes, l’acquisition d’équipements adaptés et l’intégration d’un budget spécifique au handicap dans le financement de la gratuité de la maternité.
ACP/C.L.

