Kongo Central : trente cadres provinciaux formés à l’intervention rapide en cas d’urgence sanitaire

Matadi, 16 août 2025 (ACP).- Trente cadres du Kongo Central (sud-ouest de la République démocratique du Congo) issus des secteurs de la santé humaine, de l’environnement, de la pêche et de l’élevage, ont été formés vendredi, à l’intervention rapide en cas d’urgence sanitaire, a appris samedi l’ACP de source administrative.

«Cette formation vise à préparer des équipes capables de réagir face à toute catastrophe, urgence ou événement inattendu, afin de limiter autant que possible les décès et les maladies», a déclaré le Dr Aimé Kayolo à la Direction de la surveillance épidémiologique, soulignant que six jours ont été consacrés aux cours théoriques et quatre jours aux exercices de simulation sur les principales pathologies de la province, notamment la fièvre jaune, la rougeole, le choléra et le Mpox.

‹‹ Cette initiative s’inscrit dans le cadre des Règlements sanitaires internationaux (RSI) de l’OMS, qui promeuvent l’approche «Une seule santé » (One Health) intégrant la santé humaine, animale et environnementale ›› a-t-il ajouté.

Le Dr Kayolo a précisé que les participants, choisis sur des critères stricts par la province, avaient préalablement suivi une formation sur la surveillance intégrée des maladies et riposte ainsi que sur la surveillance aux points d’entrée.

Le Kongo Central, qui partage ses frontières avec l’Angola et le Congo-Brazzaville et compte officiellement 137 portes d’entrée, bénéficie du système EWARS (Early Warning, Alert and Response System), permettant la remontée rapide des alertes grâce à des tablettes distribuées dans les 31 zones de santé, a-t-on indiqué.

«Un relais communautaire peut signaler immédiatement un cas suspect de choléra et l’information parvient simultanément au bureau central de la zone, à la Division provinciale de la Santé, à la Direction de la surveillance épidémiologique et à l’Institut national de santé publique», a expliqué l’expert, précisant que la réponse doit être amorcée dans un délai maximum de sept jours après la notification et la solution trouvée au plus tard dans les quinze jours.

Rappelant les dispositions des articles 203 et 204 de la Constitution, il a indiqué que la prévention et la lutte contre les épidémies relèvent à la fois du niveau central et du niveau provincial, mais que l’affectation des professionnels de santé et la lutte contre les maladies endémo-épidémiologiques sont de la compétence exclusive de la province.

Le ministre provincial de la Santé, Ovide Yobila, a salué cette initiative, affirmant qu’elle contribuera à renforcer la capacité des acteurs locaux à détecter rapidement les menaces sanitaires et à protéger la population contre la propagation des épidémies.

« Actuellement, le choléra et le Mpox constituent les deux épidémies prioritaires, et leur gestion incombe à nous le gouvernement provincial », a-t-il souligné avant d’exhorter à la poursuite des formations en cascade pour renforcer la surveillance communautaire et améliorer la capacité de réaction face aux urgences sanitaires. ACP/C.L.

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