‘’La fistule obstétricale est pourtant curable et évitable’’ (Directeur-pays de ‘’Fistula Foundation’’)

Kinshasa, 24 mai 2026 (ACP).- La fistule obstétricale, une lésion grave liée à l’accouchement, a été déclarée curable et évitable par un responsable d’un organisme international de lutte contre cette pathologie, lors de la Journée internationale dédiée à l’élimination de cette maladie, célébrée chaque 23 mai,  samedi à Kinshasa,  en République démocratique du Congo.

« La fistule obstétricale est pourtant évitable et curable. Elle résulte souvent d’un travail prolongé sans accès à une assistance obstétricale qualifiée. Elle est donc un indicateur direct des lacunes de notre système de santé : manque d’accès aux soins obstétricaux d’urgence, insuffisance d’infrastructures sanitaires, éloignement des centres de santé, pauvreté des populations et faible sensibilisation des communautés », a déclaré Pascal Bawere, directeur-pays de ‘’Fistula Foundation’’.

« C’est pourquoi la lutte contre la fistule doit être au cœur de la santé publique. Cependant, nous pouvons être fiers des progrès réalisés grâce aux efforts conjoints de tous les partenaires ici présents. En 2025, la Fistula Foundation a travaillé en étroite collaboration avec 11 partenaires à travers la RDC : l’hôpital de Vanga, Sofi, la Polyclinique Benicker, Artemedis, Panzi, Heal Africa, Marie Louise, le CDCC, l’hôpital de Rwankole et l’hôpital de Maendeleo », a-t-il ajouté.

M. Bawere a souligné que malgré les avancées enregistrées, d’importants défis persistent, notamment l’insuffisance des services, des équipements et des financements, aggravée par l’insécurité, les épidémies et l’enclavement de plusieurs zones rurales.
Le coordonnateur de Fistula Program DRC (FISPRO DRC) a fait savoir que, depuis 2021, leur structure s’est engagée dans la campagne pour l’élimination de la fistule obstétricale.

« En effet, depuis 2021, Fistula Program DRC est engagé dans la campagne pour l’élimination de la fistule obstétricale. Notre vision reste la restauration de la dignité de la femme congolaise à travers la prise en charge gratuite des femmes survivantes de la fistule obstétricale et d’autres pathologies liées à l’accouchement », a expliqué le Dr Lucien Wasignya, coordonnateur de FISPRO DRC.
« Nous travaillons à Butembo, au Nord-Kivu, et à Kinshasa, au Centre Bolamu, grâce à l’appui financier de Fistula Foundation, à l’appui technique de la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO) et à la collaboration du PNSR. Pendant six ans, nous avons pu opérer 1.900 femmes survivantes de fistules obstétricales et former 23 médecins, cinq anesthésistes et 34 infirmiers à la prise en charge des fistules obstétricales », a-t-il conclu.

En outre, le Dr Pierrot Mbela, qui s’exprimait au nom du représentant de l’UNFPA, a fait savoir que les besoins restent énormes.
« Mais les besoins restent énormes parce qu’il faudrait que ces actions se poursuivent dans toutes les zones de santé. Nous devons travailler ensemble parce que seuls, nous ne pouvons pas éliminer les fistules. Nous devons travailler ensemble pour renforcer l’accès universel à la santé de la reproduction, y compris la planification familiale, afin d’aider les femmes et les filles à éviter les grossesses non désirées et les infirmités liées à la grossesse telles que la fistule », a-t-il dit.

« Soutenir l’autonomisation des femmes et leur pleine participation dans tous les domaines de la vie constitue un pilier essentiel du programme d’action. Nous devons ensemble plaider pour une meilleure prise en charge de la réinsertion socio-économique des survivantes de la fistule. Ensemble, mobilisons les ressources et les efforts nécessaires pour garantir à chaque femme et à chaque fille en RDC une vie digne, en bonne santé et sans fistule », a-t-il souligné, avant de signaler que l’UNFPA réitère son engagement à accompagner le gouvernement de la RDC dans l’atteinte des objectifs de développement durable.

Placée sous le thème : « Sa santé est un droit : investissons pour mettre fin aux fistules et aux lésions obstétricales », en République démocratique du Congo, la Journée internationale pour l’élimination de la fistule obstétricale est marquée par des campagnes de sensibilisation, des consultations médicales gratuites et des opérations de réparation chirurgicale en faveur des femmes survivantes de cette pathologie. Considérée comme un problème majeur de santé publique, la fistule obstétricale touche principalement les femmes vivant dans des zones rurales ou enclavées, où l’accès aux soins obstétricaux d’urgence demeure limité. Plusieurs partenaires, dont le ministère de la Santé publique, l’UNFPA et des organisations spécialisées, multiplient des initiatives pour renforcer la prévention, la prise en charge médicale et la réinsertion socio-économique des survivantes. ACP/



 

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