Ituri : inquiétudes croissante des habitants de Bunia face à la raréfaction des sauterelles  

Bunia, 25 novembre 2025 (ACP).- La raréfaction progressive de sauterelles, localement appelées « manyonyo », traditionnellement observées entre les mois d’octobre et décembre inquiète les habitants de Bunia chef-lieu de la province de l’Ituri dans le Nord-est de la République Démocratique du Congo, qui se sont confiés lundi à l’ACP.

« Le manyonyo fait partie de notre culture. C’est à la fois un aliment, une source de revenu et une activité sociale. Sa disparition progressive doit être prise au sérieux », a alerté Justin Balimunsi, résidant au quartier Hoho.

« Cette année encore, nous attendons, mais il n’y a presque rien. Il y a cinq ou six ans, on ramassait des bassines entières. Aujourd’hui, on ne voit que quelques-unes, et c’est devenu un luxe d’en trouver », s’est  désolé Maman Odette, vendeuse de circonstance de sauterelles au marché du quartier Hoho.

« En une nuit, je pouvais ramasser l’équivalent de 20 000 à 30 000 FC. Aujourd’hui, on peut passer toute la nuit sans rien prendre. Ça devient dur pour les familles comme la mienne », a témoigné Jonas, un jeune du quartier Yambi Yaya.

En revanche, Jacques Kisembo, activiste de la protection de l’environnement, a fait savoir que la raréfaction de sauterelles est une alerte sur la dégradation de l’environnement qui doit   interpeller les uns et les autres.

« Les sauterelles ont leur rôle dans l’équilibre de la biodiversité. Leur raréfaction est un indicateur clair que notre environnement se dégrade. Si nous continuons à ne pas respecter la nature, nous perdrons bien plus que ces insectes », a-t-il soutenu.

Les causes possibles 

D’après certains spécialistes en environnement abordés, ceux-ci pointent plusieurs raisons à cette diminution de sauterelles entre autres ;la déforestation accrue autour de Bunia, qui détruit les habitats naturels des sauterelles.

Mais également changements climatiques qui modifient les cycles naturels de reproduction, la pollution lumineuse grandissante en milieu urbain, qui perturbe l’orientation des insectes, l’utilisation de techniques de capture nocives, comme le feu ou les produits chimiques, qui nuisent à la régénération de l’espèce.

Appels à l’action 

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour interpeller les autorités environnementales et locales. 

Des campagnes de sensibilisation sont souhaitées pour préserver les écosystèmes, mais aussi pour encourager des techniques de capture respectueuses, et même penser à des programmes de reproduction contrôlée ou d’élevage de sauterelles, comme cela se fait déjà dans d’autres régions d’Afrique.

ACP/C.L. 

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