Kinshasa, 16 août 2026 (ACP).- La tuberculose multi résistante demeure une préoccupation majeure de santé publique en République démocratique du Congo a indiqué samedi à Kinshasa, un expert du Programme national de lutte contre la tuberculose, lors de la clôture d’un atelier de renforcement de capacités des journalistes sur la variante de cette maladie.
« La tuberculose multi résistante demeure une préoccupation majeure de santé publique en République démocratique du Congo avec seulement 300 machines de diagnostic disponibles pour 2.000 structures sanitaires. Un déficit qui freine la détection précoce et aggrave la propagation de cette forme « têtue » de la maladie dans le pays », a déclaré Dre Fina Mawete, chargée de la prise en charge de la tuberculose résistante au programme national de lutte contre la tuberculose.
Elle a, à cet effet, lancé un plaidoyer en équipement pour faire face à la crise de la tuberculose résistante en RDC.
«Nous plaidons pour qu’au moins une machine soit installée dans chacune des 2 000 structures sanitaires du pays, afin d’accélérer la détection et d’atteindre l’objectif d’élimination de la maladie à l’horizon 2035», a dit Dre Mawete
Le gouvernement ne finance qu’à 3% la lutte contre la tuberculose en RDC
Par ailleurs, le Dr Romain Kibadi, chargé de la co-infection TB-VIH au Programme national de lutte contre la tuberculose
a révélé que le gouvernement congolais ne finance qu’à 3% la lutte contre la tuberculose dans le pays, une contribution jugée largement insuffisante face à l’ampleur de la maladie sur l’étendue du territoire national.
Selon les données présentées, la RDC dépend à 97% des financements extérieurs pour assurer la prise en charge des malades, l’achat des médicaments et la dotation en équipements de diagnostic. Or, avec le déficit de ressources internes, cela freine considérablement la riposte nationale contre la tuberculose, y compris ses formes multi résistantes.
Il a, cependant, sollicité auprès des autorités compétentes, une augmentation du budget alloué à la santé, en vue d’atteindre les engagements et d’accélérer l’élimination de la tuberculose à l’horizon 2035.
«Sans un financement accru, la RDC ne pourra pas assurer la pérennité de la lutte et réduire durablement le fardeau de cette maladie», a-t-il précisé.
Un partenariat durable signé entre le PNLT et les journalistes
Un partenariat durable a été scellé entre le Programme national de lutte contre la tuberculose et les professionnels des médias, à l’issue de cet atelier de renforcement des capacités qui s’est tenu pendant deux jours, l’objectif étant de faire des journalistes de véritables relais dans la sensibilisation de la population et dans la lutte pour l’élimination de la tuberculose, y compris ses formes multi résistantes, à l’horizon 2035.
Dans le cadre de ce partenariat, les journalistes se sont engagés à produire des contenus exacts, réguliers et sans stigmatisation, tandis que le PNLT à son tour s’engage à leur fournir des données fiables, l’accès aux experts et aux sites de prise en charge.
Les deux parties ont également convenu de la mise en place d’un réseau pour assurer le suivi des actions de terrain et amplifier les messages de prévention, de dépistage et d’adhésion au traitement dans toutes les provinces du pays.
Organisée par le Club des « Amis Damien », en collaboration avec le PNLT, cette activité a connu plusieurs exposés, entre autres la présentation sur le genre, les droits humains et les stigmatisation liés à la tuberculose dans le contexte de la RDC par le secrétaire national du Club des Amis Damien et les rôles des communautés et interactions avec les champions de la lutte contre la tuberculose par le secrétaire adjoint du CAD. ACP/ D. Lus./G. Mak

