Kinshasa, 14 avril 2026(ACP).- L’agro-écologie a été présentée mardi à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC), comme une solution à la déforestation, par un professeur des universités, lors d’un atelier, organisé par la Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (Corap).
« Comme en résumé par rapport à mon exposé, je vous demanderai de retenir le bienfait de l’agro-écologie, parce que c’est une branche qui nous permet et qui est même une solution pour limiter la déforestation, la mauvaise gestion des sols afin de permettre le respect de l’environnement », a déclaré le professeur Salvatore Nsenga.
Selon lui, l’agro-écologie met en place des techniques permettant de respecter l’environnement en limitant l’utilisation des engrais chimiques pour promouvoir les engrais organiques et autres techniques qui sont associées, entre autres à la foresterie communautaire.
Il a fait savoir que dans le contexte de la RDC, ce n’est pas si facile de mettre en place cette pratique.
« Nous sommes dans une phase où nous avons un problème d’insuffisance alimentaire. La sécurité alimentaire ne nous permet pas, mais il faut comprendre qu’on est en train de faire face au problème du réchauffement climatique. Alors, face au problème du réchauffement climatique, on doit s’adapter, on doit promouvoir l’agro-écologie pour limiter les impacts de réchauffement climatique et surtout pour réduire le problème de l’utilisation des engrais qui coûtent cher aux paysans », a indiqué le professeur Nsenga.
La fertilité de 80 millions de terres arables congolais questionne
Selon le professeur Salvatore Nsenga, la RDC a plus de 80 millions de terres arables. À cet effet, il s’est interrogé sur la fertilité de ces terres alors que la plupart sont moins fertiles que les autres.
« Je prends l’exemple du Grand Katanga, une partie du sud du Grand Katanga, où j’ai démontré que c’est un sol ferralitique, qui est différent du sol qu’on trouve à l’est de notre pays, qui est un sol riche(…)», a-t-il dit.
Dans ce cas-ci, a poursuivi le professeur, l’agroforesterie, qui est une branche de l’agro-écologie est très capitale pour limiter la déforestation ou la dégradation des forêts et de promouvoir les engrais biologiques ou la matière organique.
Il a recommandé au gouvernement de prendre en charge l’agroforesterie par des cadres légaux. Aussi, il a appelé le gouvernement à promouvoir l’application de l’agroforesterie par les petits paysans, parce que ce sont eux qui nourrissent, que ce soit à Kinshasa ou à Lubumbashi.
Par ailleurs, M. Emmanuel Musuyu, secrétaire exécutif de la Corap a indiqué que sa coalition est en marge de lancer une étude sur l’agro-écologie et la socio-bioéconomie en RDC.
« Nous avons jugé bon de ramener les acteurs qui travaillent dans ce secteur-là. Nous sommes conscients qu’il existe plusieurs acteurs et qui font d’ailleurs du très bon travail sur le terrain. L’essentiel, c’était d’écouter chacun, de comprendre ce qui se passe et de définir ensemble les défis qui devront être abordés par l’étude que la Corap est en train de mener », a-t-il dit.
D’après lui, cet atelier est également un cadre qui a été créé pour apporter au niveau national tous les défis qu’il faut, entre autres, sur l’élimination de la pauvreté des communautés autour de l’agriculture, l’élimination de l’insécurité alimentaire, pour mettre en place des stratégies afin de répondre à ces problèmes. ACP/C.L.

