Kinshasa, 4 juillet 2026 (ACP).- Les cancers de la peau constituent la principale complication et une cause majeure de mortalité chez les personnes vivant avec l’albinisme, a soutenu samedi auprès de l’ACP une dermatologue à Kinshasa, en République démocratique du Congo, lors d’une cérémonie en marge de la Journée internationale de l’albinisme.
«Les personnes vivant avec l’albinisme présentent un déficit congénital en mélanine, pigment essentiel à la coloration de la peau et à la protection contre les rayons ultraviolets. Ce déficit les rend extrêmement vulnérables aux lésions cutanées et aux cancers de la peau, qui constituent la principale complication et une cause majeure de mortalité», a déclaré la Dre Francine Mambulu, dermatologue aux Cliniques universitaires de Kinshasa.
«Le risque de développer un carcinome épidermoïde est 1 000 fois plus élevé et ces cancers surviennent précocement, dès 20 à 30 ans, souvent à des stades avancés. Les formes les plus fréquentes sont le carcinome épidermoïde, le plus agressif, et le carcinome basocellulaire», a-t-elle ajouté.
Elle a fait savoir qu’en Afrique subsaharienne, zone considérée comme critique, les carcinomes épidermoïdes représentent 64 % des cancers cutanés chez les personnes vivant avec l’albinisme, contre 31 % pour les carcinomes basocellulaires.
«La prévalence mondiale de l’albinisme est de 1 cas sur 17 000 à 20 000, mais elle est nettement plus élevée en Afrique. Les facteurs qui aggravent ce risque sont l’exposition prolongée au soleil sans protection, l’accès limité et coûteux aux produits de photoprotection, ainsi que les retards diagnostiques liés à l’ignorance et aux croyances», a-t-elle dit.
En clinique, les patients de moins de 30 ans sont les plus touchés, avec des lésions multiples sur les zones photo-exposées comme la tête et les coudes.
Le manque de connaissances et la stigmatisation empêchent de nombreux patients de consulter à temps dans des structures spécialisées, ce qui augmente le taux de mortalité.
Selon la dermatologue, les lésions se présentent sous forme de taches noires, de plaques rouges ou de plaies profondes. Les principaux facteurs de risque sont la kératose actinique (qui multiplie par 3 le risque), un antécédent familial de cancer (qui le multiplie par 4) et l’âge supérieur à 30 ans (qui le multiplie également par 3).
Une sensibilisation et un accès à la protection sont donc urgents pour améliorer le pronostic et l’inclusion des personnes vivant avec l’albinisme.Placée sous le thème : «Approche multidisciplinaire de la prévention, de la prise en charge et de l’inclusion des personnes vivant avec albinisme», cette activité a été organisée par le département des spécialités de l’Université de Kinshasa, en collaboration avec la fondation Iyeli Molangi.
Elle a connu la participation du ministre provincial de la Santé, Hygiène et Prévoyance sociale, du recteur de l’Université de Kinshasa et d’autres personnalités. ACP/P.O. (SP) et D.L.

