L’Institut national de santé publique mise sur l’engagement communautaire contre Ebola en RDC

Kinshasa, 22 août 2026 (ACP).-L’Institut national de santé publique (INSP) mise sur l’engagement communautaire pour renforcer la riposte contre la 17ème épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo(RDC), a fait savoir samedi , son directeur général, lors d’une conférence de presse organisée à Kinshasa.

« L’INSP mise sur l’engagement communautaire, car la plupart des cas de décès se trouvent dans la communauté. Il faut descendre jusqu’au niveau des villages, responsabiliser les chefs de villages et les chefs de quartiers afin qu’ils identifient rapidement les malades, suivent les cas contacts et sensibilisent leurs communautés », a déclaré le Dr Dieudonné Mwamba, directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP).

Le DG de l’INSP a particulièrement insisté sur la persistance des transmissions et des décès au sein des communautés. Pour lui, cette situation démontre la nécessité de renforcer les interventions directement auprès des populations afin de détecter rapidement les malades, les isoler et assurer leur prise en charge.

Situation épidémiologique

Le directeur général de l’INSP a indiqué que depuis la déclaration de l’épidémie le 15 mai, jusqu’au 20 août, le cumul est 5 307 cas confirmés, dont 2 557 décès, soit une létalité de 47,6 %. La riposte compte également 1 167 personnes guéries, tandis que 737 malades sont actuellement en isolement ou pris en charge dans les structures de traitement. Le suivi des contacts estimés à 85%.

L’épidémie touche six provinces, avec l’Ituri qui demeure l’épicentre. Cette province concentre à elle seule environ 85 % des cas confirmés, devant notamment le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, la Tshopo, le Haut-Uélé et le Bas-Uélé.

Il a cependant souligné que plus de 21 laboratoires ont été mobilisés depuis le début de l’épidémie et les capacités de diagnostic ont été considérablement renforcées. « Alors qu’un seul laboratoire était initialement disponible, la réponse dispose désormais de plus de 21 laboratoires répartis dans les zones affectées », a-t-il dit.

Cette décentralisation vise à rapprocher le diagnostic des communautés et à réduire les délais de confirmation des cas. D’autres laboratoires mobiles devraient également être déployés afin de renforcer davantage cette capacité.

La prise en charge s’appuie, de son côté, sur près d’une quarantaine de centres de traitement, dont certains sont en construction ou en extension. L’objectif est notamment d’accroître les capacités d’isolement et de prise en charge des patients encore présents dans les communautés.

Le responsable de l’INSP a rappelé que plusieurs piliers sont engagés dans la riposte. Il s’agit notamment de la surveillance épidémiologique, du laboratoire, de la prise en charge médicale, nutritionnelle et psychosociale, ainsi que de la communication sur les risques et de l’engagement communautaire.

La recherche constitue également un axe important, notamment pour identifier des traitements et des vaccins adaptés à la souche Bundibugyo. Contrairement à la souche Zaïre, qui a déjà bénéficié de vaccins et de traitements spécifiques, cette souche fait encore l’objet de recherches.

Sur le volet vaccinal, les autorités envisagent notamment l’utilisation du vaccin Ervebo, dont l’efficacité est établie contre la souche Zaïre. Selon le DG de l’INSP, l’hypothèse d’une immunité croisée pourrait permettre d’espérer une certaine efficacité contre Bundibugyo, alors que des essais cliniques sont toujours en cours pour développer un vaccin spécifiquement adapté à cette souche.

Annonce de la stratégie « 100 % village »

Face à la nécessité de renforcer l’adhésion des populations, l’INSP entend intensifier son approche communautaire. Le DG a annoncé le déploiement d’une stratégie dite « 100 % village », destinée à rapprocher davantage la riposte des communautés.

Cette nouvelle approche doit permettre d’aller au-delà des interventions limitées aux zones de santé et de renforcer la mobilisation directement au niveau des villages. L’objectif est d’obtenir une meilleure collaboration des populations dans la détection des cas, le suivi des contacts et l’isolement des personnes malades.

Pour l’INSP, l’engagement communautaire demeure ainsi l’un des éléments déterminants pour parvenir à interrompre les chaînes de transmission et réduire l’impact de l’épidémie.

ACP/ D L/ G N/ G M

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