RDC : 85 % des structures sanitaires dans l’Est connaissent des ruptures de stocks médicamenteux (CICR)

Kinshasa, 8 septembre 2025 (ACP).- Près de 85 % des structures de santé connaissent des ruptures de stocks de médicaments dans la région des Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), selon une évaluation menée en septembre 2025 par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a-t-on appris mercredi d’un communiqué.

« Dans la région des Kivu, dans l’est de la RDC, les blessés continuent à affluer vers les structures de santé, tandis que, selon une évaluation menée en septembre 2025 par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), 85 % de ces structures connaissent des ruptures de stocks de médicaments et près de 40 % ont subi une fuite du personnel de santé », a-t-on lu.

Selon François Moreillon, chef de délégation du CICR en RDC, cité dans le communiqué, « plus de 80 % des structures de santé dans les Kivu ne bénéficient d’aucun soutien des partenaires humanitaires et ne fonctionnent que grâce à l’engagement remarquable de leur personnel, et ce, de part et d’autre des lignes de front ».

Le communiqué a indiqué que, face à cette situation critique, le CICR appelle à la recherche de solutions visant à garantir le fonctionnement des structures de santé, l’approvisionnement en intrants médicaux, le transfert sécurisé des patients et la protection du personnel ainsi que des infrastructures sanitaires.

Ces détériorations sont la conséquence de la violence armée et du fait que de nombreuses organisations humanitaires ont cessé leurs activités faute de financement, a ajouté la source.

« Souvent, lorsqu’un malade ou un blessé parvient à se présenter dans un centre de santé malgré les difficultés d’accès, il ne trouve pas de personnel soignant qualifié à qui s’adresser. Et même s’il en trouve, dans la majorité des cas, il n’y aura pas de médicaments essentiels pour sa prise en charge », a regretté le Dr Hippolyte Ten, coordinateur santé adjoint du CICR dans le document.

Ruptures de stocks persistantes

Par ailleurs, selon le CICR, à cause de l’insécurité et des difficultés à traverser les lignes de front, les centres médicaux peinent à acheminer des médicaments lorsqu’ils sont disponibles. Les ruptures concernent très souvent les médicaments essentiels et ceux censés être gratuits, comme les vaccins, les antipaludiques, mais aussi les antirétroviraux (ARV pour le VIH), les antituberculeux, les kits post-viol, les aliments thérapeutiques et les tests rapides pour le VIH.

Le CICR, en tant qu’intermédiaire neutre, se tient prêt à continuer à faciliter l’acheminement des médicaments à travers les lignes de front. Selon le droit international humanitaire (DIH), les blessés et malades doivent pouvoir accéder aux soins dont ils ont besoin, et le personnel ainsi que les infrastructures médicales doivent être respectés et protégés.

Sur les 45 structures identifiées comme ayant subi une fuite du personnel lors de la dernière étude effectuée entre avril et mai 2025, seules quatre ont pu enregistrer un retour de personnel, grâce à l’appui financier et en médicaments de deux acteurs humanitaires, dont le CICR, rappelle la source. ACP/C.L.

Fil d'actualités

Publicité

Sur le même sujet