Kinshasa, 20 septembre 2026 (ACP).- La diversité musicale et la transmission du jazz entre générations ont été soutenues par les musiciens emblématiques de la scène congolaise lors de la clôture d’un festival de Jazz samedi organisé au centre culturel ‘‘Le Zoo’’, à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC).
« Je suis très ravi que dans notre ville, pour une fois, il y ait cette dimension d’expression musicale. Ça va permettre à beaucoup de mélomanes de se retrouver petit à petit. Ce festival permet la renaissance du jazz au pays. Il y a de l’espoir parce que ça se passe bel et bien chez nous», a déclaré Souzy Kasseya, compositeur –arrangeur de la Rumba congolaise.
Il s’est réjoui de voir Kinshasa accueillir un festival consacré au jazz, mettant en avant l’importance de ces espaces d’expression musicale pour les artistes et les mélomanes de la capitale.
Gabriel Wadigesila retrace son parcours dans le jazz
Réputé comme grand bassiste de jazz en RDC, Gabriel Wadigesila, a, pour sa part, retracé son parcours dans le jazz, une musique qu’il a découverte dès son enfance en Belgique, au sein d’une famille de musiciens.
« J’avais commencé l’apprentissage de jazz avec plusieurs instruments, notamment l’harmonica et la flûte, avant de s’engager progressivement dans le jazz. Ça va faire 30 ans l’année prochaine qu’un ami et moi, Serge Gantcho, qui nous a quittés, avons créé ce mouvement jazz», a-t-il fait savoir.
Le Prof Gaby a rappelé que cette aventure avait notamment conduit à la création d’un premier festival de jazz à la fin des années 1990, avant la présentation d’un projet consacré au jazz à Bruxelles au début des années 2000.
Une transmission entre générations
Il a également insisté sur la transmission entre générations, indiquant que plusieurs artistes présents sur scène avaient été formés directement ou indirectement par lui.
«C’est vraiment une histoire de famille, une histoire de communauté comme Paul l’a dit tout à l’heure», a soutenu le bassiste.
Revenant sur son rapport personnel à cette musique, Gabriel Wadigesila a indiqué que le jazz était resté au cœur de son parcours et de sa vie artistique.
«Je suis un éternel apprenti, je continue à apprendre», a-t-il affirmé, se réjouissant de cette saison 2026 du festival et évoquant déjà la perspective de la 10ème édition.
De son côté, le chanteur – humoriste Jean Goubald Kalala a salué l’organisation du Kinshasa Festival Jazz qui a pour mission de promouvoir cette musique et aussi de valoriser les talents émergents du jazz. « Je participe régulièrement à des festivals de jazz, mais plusieurs engagements l’avaient initialement empêché de prendre part à cette édition de Kinshasa. J’ai finalement répondu à l’insistance du maestro Souzy Kaseya, qui m’avait invité à rejoindre le rendez-vous consacré au jazz. J’ignorais, en arrivant sur place, que je serais appelé à monter sur la scène pour prester », a-t-il dit.
Il faut noter que Goubald s’est retrouvé de manière spontanée sur le podium, après avoir découvert l’interprétation de l’une de ses œuvres dans un registre différent par un jeune jazzman. Ainsi, explique-t-il, il s’est laissé emporter par l’ambiance musicale.
«Rien ne se fait, il vaut mieux faire des choses que de porter des noms creux. Merci à eux parce qu’ils aiment ma musique éternellement», a-t-il déclaré.
Organisé sous le thème ‘‘Jazz et liberté’’, la 9ème édition de Kinshasa Jazz a connu la participation de plusieurs jeunes artistes évoluant au pays et à l’étranger.
ACP/ SA (SP)

