Kinshasa, 26 août 2026 (ACP).- La santé rénale de la femme a été analysée au deuxième congrès international de néphrologie qui se tient du 25 au 26 août à Kinshasa, en République démocratique du Congo, sous le thème « Femme et maladie rénale : à l’ère de la couverture santé universelle (CSU) », a constaté l’ACP.
« Nous sommes très heureux de pouvoir organiser ce congrès dont le thème est intitulé : Femme et maladie rénale : à l’ère de la couverture santé universelle. Les femmes veulent mettre au monde, malheureusement certaines ont souvent des problèmes de santé rénale. Ces problèmes peuvent faire qu’elles meurent et c’est pourquoi, il faut réfléchir autour de ce thème pour voir comment on peut prévenir ces décès maternels », a déclaré le Pr Ernest Sumaili, président de la Société congolaise de néphrologie (SOCONEPH)
« La femme veut donner naissance malheureusement, ses reins peuvent être touchés et pendant que la grossesse est en évolution, il faut tout faire pour soigner correctement ces femmes », a-t-il ajouté.
Pour ce professeur, une séance de dialyse en RDC est fixée à environ 200 dollars. « Si quelqu’un doit être dialysé trois fois par semaine, il va dépenser autour de 3 000 dollars chaque mois, et environ 30 000 dollars par an. Et si c’est une insuffisante rénale, c’est à vie. En revanche, si on pouvait commencer à greffer les malades ici en RDC, le traitement d’une année de dialyse équivaut déjà à la transplantation de rein », a-t-il dit.
Ce néphrologue a noté que la RDC n’a pas de loi sur la transplantation et a invité les députés à s’intéresser à cet aspect médical afin d’aider la population.
« On avait déposé la loi à la législation passée et le Sénat avait accepté. Il ne restait que l’Assemblée nationale. Malheureusement, elle avait rejeté et nous pensons que cette loi doit revenir parce que les autres pays sont en train de le faire », a-t-il expliqué.
Selon ce spécialiste, les reins ne répondent pas de la même façon chez l’homme comme chez la femme, car les femmes sont protégées avant la ménopause, mais le risque augmente par la suite.
« Comme nous sommes à l’ère de la couverture santé universelle, nous avons beaucoup de femmes enceintes qui viennent dans des hôpitaux qui, malheureusement ont des problèmes rénaux. Il est important de pouvoir s’asseoir et voir comment soigner ces femmes ; nous avons vu que finalement les reins peuvent être touchés par plusieurs maladies », a-t-il indiqué, avant de saluer l’implication du président de la République ainsi que des centres qui réalisent des dialyses à Kinshasa, en marge de la tenue de cette rencontre internationale.
La femme a ses particularités d’atteinte rénale
Par ailleurs, le Dr professeur Justine Bukabau a affirmé que la femme a ses particularités d’atteinte rénale et est affectée dans certains domaines où l’homme n’est pas concerné, notamment dans le cadre de pathologie de la grossesse.
« En tant que femme néphrologue, je suis très heureuse qu’on puisse mettre la femme au centre du congrès de cette année, nous savons que la CSU dans notre pays avait déjà mis la femme au centre à travers la gratuité de la maternité, … donc quand on met la femme au centre sachant qu’elle est concerné par les maladies de rein et exposés à cette maladie, mettre la femme au centre veut dire que nous voulons que sa santé soit prise en charge correctement », a-t-elle dit.
Elle a indiqué que plusieurs thématiques seront débattues au cours de cette rencontre, notamment sur les différents aspects de l’atteinte rénale chez la femme.
Ce congrès multidisciplinaire connaît la participation de plusieurs experts venus de la République du Congo, du Tchad, de la Tunisie et de la France. ACP/ Mb

