RDC : le gouvernement recadre Greenpeace et réaffirme sa souveraineté sur le « Couloir Vert Kivu-Kinshasa »

Kinshasa, 26 septembre 2026 (ACP).– Le Gouvernement de République démocratique du Congo à travers le ministère de l’Environnement a recadré, dans un communiqué officiel parvenu samedi l’ACP, l’ONG Greenpeace Afrique suite à sa note d’orientation sur le « Couloir Vert Kivu-Kinshasa » (CVKK), tout en réaffirmant la détermination de l’État à concilier la protection des écosystèmes et le droit au développement.

« Le gouvernement ne saurait fonder une décision stratégique de cette importance sur la seule juxtaposition de données cartographiques provenant de sources différentes, sans confrontation préalable avec les cadastres officiels, les statuts juridiques des titres concernés et la réalité des activités sur le terrain », indique le communiqué officiel, en réaction aux chiffres de Greenpeace faisant état d’un chevauchement du Couloir Vert à 72% avec des blocs pétroliers et à 23% avec des concessions minières.

Pour le ministère de l’Environnement, une superposition géographique ne signifie pas automatiquement qu’une activité extractive est exercée sur le terrain. L’analyse technique impose de distinguer les blocs proposés de ceux effectivement attribués, les permis de recherche des titres d’exploitation, ainsi que les droits préexistants des nouvelles attributions.

La vision du Chef de l’État pour un développement durable

Selon la source, la création de ce corridor écologique procède de la volonté du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, de bâtir un modèle où la conservation de la nature et l’amélioration des conditions de vie des populations locales se renforcent mutuellement, en s’appuyant sur l’approche « Man and Biosphere » (MAB).

« La conservation ne peut être durable si elle maintient les communautés riveraines dans la pauvreté. De la même manière, le développement économique ne peut être durable s’il entraîne la destruction irréversible des écosystèmes », souligne le texte, rejetant à la fois l’exploitation sans limites et une conservation déconnectée des réalités sociales.

Le document rappelle que la souveraineté de la RDC sur ses ressources naturelles implique la responsabilité de définir, sur la base de la science et de l’intérêt national, les zones de protection stricte (forêts primaires, tourbières, aires protégées) et celles ouvertes aux activités sous strictes conditions environnementales.

Mise en place d’une mission technique interministérielle

Pour consolider la gouvernance du projet, le ministère annonce la mise en place imminente d’une mission technique interministérielle associant les secteurs de l’Environnement, des Mines, des Hydrocarbures, de l’Aménagement du territoire et des Affaires foncières, ainsi que l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et les services cadastraux.

Cette mission aura pour mandat d’établir une cartographie officielle, consolidée et opposable aux différentes administrations, afin de clarifier les statuts juridiques, d’identifier les zones écologiquement sensibles et de procéder aux arbitrages nécessaires en cas de chevauchements.

Par ailleurs, le ministère insiste sur le fait que le Couloir Vert reste un projet de développement humain devant générer des bénéfices tangibles pour les populations (emplois, infrastructures, énergie).

À cet effet, la RDC appelle à une mobilisation accrue des financements climatiques internationaux pour compenser les services environnementaux mondiaux fournis par ses écosystèmes.

Le gouvernement se dit enfin disposé à maintenir un dialogue technique et transparent avec Greenpeace Afrique, la société civile et les partenaires, à condition que les échanges reposent sur des données vérifiables et le respect de la souveraineté nationale. ACP/

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