Kinshasa, 10 juin 2026 (ACP).- Plus de 90 % des ménages de la République démocratique du Congo (RDC) dépendent encore du “makala” ou du charbon de bois, selon un communiqué du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), consulté mercredi par l’ACP.
«En République démocratique du Congo, plus de 90 % des ménages dépendent encore du +makala+ ou du charbon de bois pour préparer leurs repas. Les conséquences sont lourdes, à savoir la déforestation accélérée, la pollution de l’air domestique et la pression économique croissante sur les familles », a-t-on lu.
Le communiqué a fait savoir qu’à l’échelle mondiale, 2,1 milliards de personnes n’ont toujours pas accès aux solutions de cuisson propre. Cela se traduit par plusieurs millions de décès prématurés chaque année, liés à la pollution de l’air domestique, et des pertes économiques considérables.
« Les femmes et les filles en paient le prix le plus lourd, consacrant souvent des heures à la collecte de bois au détriment de l’éducation ou d’activités génératrices de revenus. La cuisson propre n’est pas un sujet marginal, elle se situe à l’intersection du climat, de l’énergie, de la santé, du genre et du développement économique », a précisé la source.

En République démocratique du Congo, comme ailleurs, elle représente une priorité de développement et un levier essentiel pour réduire la pression sur les forêts, améliorer la santé des ménages et accompagner une transition énergétique plus inclusive. Pourtant, malgré son importance stratégique, le secteur n’atteint pas encore l’échelle nécessaire pour répondre aux défis d’aujourd’hui et de demain.
Selon la source, les alternatives existent déjà. Des entreprises proposent des modèles de distribution de Gaz de Pétrole Liquéfié (GPL), développent des foyers améliorés ou encore des combustibles durables tels que les briquettes et les pellets.
« Le véritable enjeu aujourd’hui n’est plus de prouver que les solutions d’énergie propre existent, mais de créer les conditions financières permettant à ce marché de démontrer qu’il est nécessaire à la transition énergétique, économiquement viable et attractif pour les investisseurs », a poursuivi la source.
Le communiqué a cependant souligné que de nombreuses entreprises à fort potentiel peinent encore à accéder aux financements bancaires. Selon les données de la Banque mondiale, 92 % du financement des PME congolaises reposent exclusivement sur leurs ressources internes, faute de crédits bancaires adaptés.
Pour beaucoup d’investisseurs, le secteur reste encore nouveau, ce qui alimente des incertitudes au moment d’accorder des prêts. Les modèles économiques sont encore émergents, les chaînes de valeur restent fragmentées et les garanties limitées. Dans des marchés à faibles revenus, la demande est – elle aussi souvent perçue comme incertaine. ACP/L/ G M

