Uvira, 21 août 2025 (ACP). – Près de deux mille cinq cents (2.500) patients ont été soignés à Katana (territoire de Kabare) et en territoire de Kalahe, au nord-ouest de la province du Sud-Kivu dans l’est de la République démocratique du Congo, par l’organisation internationale Médecin sans frontières (MSF), a appris l’ACP, jeudi, de cette structure.
« De mai à juillet, Médecins Sans Frontières (MSF) a déployé une intervention d’urgence à Katana et Kalehe, au Sud-Kivu, où le conflit a mené le système de santé au bord de l’effondrement. Au cours de deux mois, MSF a offert gratuitement des soins vitaux à plus de 2 480 personnes et rétabli des services essentiels, notamment grâce à d’importants dons de fournitures médicales qui ont soutenu les structures locales et répondus aux besoins urgents des communautés » a déclaré, Muriel Boursier, cheffe de programmes MSF au Sud-Kivu.
Elle a ajouté que l’intervention de MSF s’est focalisée sur la prise en charge pédiatrique des enfants de moins de cinq ans, le traitement de la malnutrition, les soins gynéco-obstétricaux présentant des complications et le soutien aux victimes de violences. En plus des dommages subis par les structures de santé, mettant en péril leur opérationnalité, les patients font face eux aussi à des barrières d’accès aux soins telles que les difficultés économiques et l’insécurité.
« Il existe encore des zones où nous ne pouvons pas intervenir, alors que les besoins restent immenses. Il est essentiel que tous les acteurs garantissent un passage sécurisé pour l’aide humanitaire et qu’un approvisionnement régulier en médicaments et aliments thérapeutiques soit assuré par le ministère de la santé et ses partenaires. Trop de centres de santé sont aujourd’hui gravement sous-approvisionnés », a renchéri, Muriel Boursier, cheffe de programmes MSF au Sud-Kivu.
Elle a signalé qu’avant de mettre fin à son intervention d’urgence, MSF a fait don d’un stock médical couvrant les besoins des services appuyés durant l’intervention par MSF pour une période supplémentaire d’un mois, aux mêmes hôpitaux et centres de santé qu’elle soutenait à Katana et Kalehe.
« Le nombre de patients a explosé depuis l’arrivée de MSF », explique le Dr Bahati Magadju, directeur général de l’hôpital général de référence de Katana. « Nous n’admettions qu’environ cinq nouveaux cas pédiatriques par semaine. En juin, ce chiffre est passé à près de 60 admissions hebdomadaires. Avec la gratuité des soins et l’approvisionnement en médicaments garantis par MSF, ainsi que le travail conjoint entre les équipes de l’hôpital et celles de l’organisation, nous avons pu observer une baisse de la mortalité ».
Une évaluation menée par MSF en mars, suite aux affrontements violents dans la zone début 2025, a révélé une situation de crise majeure : sur 24 structures de santé évaluées dans les zones de Santé de Katana et Kalehe, 15 ont dû fermer, 10 ont été endommagées et 16 ont été pillées. En réponse, MSF a soutenu les hôpitaux généraux de référence de Katana et Kalehe, ainsi que les centres de santé de Katana Nuru, Mabingu, Lushebere, Kalehe et Luzira.
ACP/C.L.

